Denis Rouvre photographie ces humains qui poussent leur corps à son maximum

Mis à jour le 18/01/2019 à 18H24, publié le 18/01/2019 à 18H21
Un rikishi photographié par Denis Rouvre (détail)

Un rikishi photographié par Denis Rouvre (détail)

© Denis Rouvre - France 3 Culturebox Capture d'écran

A Toulon, le théâtre Liberté accueille une exposition de photographies signées Denis Rouvre. Il a choisi de photographier ceux qui adaptent leur corps à leurs pratiques physiques ou spirituelles. Après les rugbymen et les sadhus indiens, il nous montre les pratiquants japonais du sumo et les lutteurs sénégalais. Le photographe développe ici une approche humaniste et esthétique.

Vu de l'extérieur, ces athlètes ou ascètes qui habitent les photographies de Denis Rouvre poussent leur engagement jusqu'à l'excès. Les sportifs japonais pratiquant la lutte propre à leur culture, le sumo, ont besoin d'alourdir leur centre de gravité. En conséquence, ils se changent en masses obèses, mélanges démesurés de muscle et surtout de graisse. A l'opposé des Rikishi, leur nom en japonais, les lutteurs sénégalais développent quant à eux un corps hyperviril, sec et mettant en valeur les lignes et les reliefs de leurs muscles.

Le photographe s'est déjà intéressé, parmi d'autres variantes de son sujet, au corps des rugbymen et, dans un style radicalement opposé, à celui des Sadhus, ces sages indiens ayant renoncé à toute possession matérielle au profit d'une existence purement spirituelle. En s'approchant de tous ces corps "surhumains" ou presque "parahumains", Denis Rouvre en dégage paradoxalement des caractéristiques communes à tous. Le spectateur ne peut s'empêcher de regarder ces êtres si différents en cherchant chez eux ce qu'il partage, ce qui compose chez lui et chez eux la fameuse humaine condition.

Reportage : France 3 Var V. Danger / R. Perich / D. Terrade

A côté de leur incontestable qualité esthétique, les photos de Denis Rouvre ouvrent toutes grandes les portes de la réflexion. Ces hommes et ces femmes si différents appartiennent pourtant à la même humanité que nous. Comme ceux qui se noient en tentant de pratiquer désespérément une autre discipline qu'ils n'ont pas choisie : la survie