Les photos de Camille Lepage et les dessins de Didier Kassaï : regards croisés sur la guerre en Centrafrique

Mis à jour le 03/02/2019 à 09H34, publié le 29/01/2019 à 10H35
Une photo de Camille Lepage (détail) exposée à Reims

Une photo de Camille Lepage (détail) exposée à Reims

© Camille Lepage - France 3 capture d'image

Jusqu'au 9 février 2019, le centre culturel Quartier-Libre propose à Reims "Fragile Centrafrique" une exposition croisée. Les clichés de guerre de la reporter Camille Lepage, voisinent avec les images du dessinateur centrafricain Didier Kassaï. La jeune photoreporter a été assassinée en 2014 alors qu'elle couvrait la guerre civile qui fait rage dans le pays.

D'un côté, les images de la jeune photoreporter Camille Lepage, assassinée, à Bangui, en 2014. Et d'un... même côté celles d'un dessinateur centrafricain, Didier Kassaï. Forte de ces deux visions d'un même conflit, l'exposition "Fragile Centrafrique" attire l'attention sur une guerre civile passée sous silence. En 2014, la jeune reporter française de 26 ans Camille Lepage, baroudeuse au regard d'une grande humanité, était assassinée lors d'un reportage à la frontière camerounaise. Le témoin était devenu, contre sa volonté, acteur et victime du conflit.

Isabelle Forboteaux, la présidente de l'association Singuila qui organise des opérations humanitaires en direction de la République Centrafricaine, explique qu'aujourd'hui, seule la capitale Bangui reste relativement sûre, tout le reste du territoire centrafricain étant contrôlé par des mercenaires dans un véritable chaos de violence.

Reportage : France 3 Champagne-Ardenne J. Poirier / I. Griffon / V. Brice
L'exposition a le rare mérite de croiser un regard "étranger", celui d'une photographe française, et un regard intérieur, celui d'un dessinateur qui porte la voix de la population de son pays en guerre. Au final, les images se complètent et montrent une fois encore que lors de tout conflit, le peuple pris dans le tir croisé d'une violence qu'il ne contrôle pas, en demeure la principale victime. On le sait, certes, mais il reste toujours salutaire de le rappeler, donc de le montrer, aussi dures soient les images.