Zao Wou-Ki : immensité et abstraction au Musée d'art moderne de la Ville de Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/06/2018 à 13H21, publié le 22/06/2018 à 18H01
"L'espace est le silence" exposition Zao Wou Ki au musée d'art moderne de la ville de Paris

"L'espace est le silence" exposition Zao Wou Ki au musée d'art moderne de la ville de Paris

© France 3 / Culturebox

Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris présente jusqu'au 6 janvier 2019 la première rétrospective depuis 15 ans consacrée dans la capitale à l’artiste chinois Zao Wou-Ki. Cette exposition invite à une réflexion sur ses grands formats abstraits. Le parcours dévoile aussi quatre grandes encres de 2006, jamais montrées à Paris.

C’est un voyage dans un univers grandiose, celui du peintre d'origine chinoise, Zao Wou-Ki (1920-2013). Une quarantaine de toiles immenses ponctuent le parcours proposé par le  Musée d'art moderne de la Ville de Paris. Elles invitent à la contemplation, à travers un vibrant hommage à l’œuvre et à l’artiste. 

Reportage : France 3 Paris Île-de-France - P. Sorgues / M. Tafnil / S. Sonder

https://videos.francetv.fr/video/NI_1255321@Culture

Une peinture de "nature" organique 

Les grands tableaux du Musée d'art moderne de Paris portent en eux une lumière unique. L'ocre, la terre et la matière : il y a quelque chose d'organique qui renvoie au début du monde chez Zao Wou-Ki. "Il voulait être moderne, donc européen et il a trouvé un langage qui n'appartient à aucun continent, qui est de son continent à lui", souligne François Michaud, co-commissaire de l'exposition.

Chez Zao Wou-Ki, l'abstraction est un langage très personnel. Si certains de ses tableaux sont composés de vrais faux idéogrammes, c'est précisément pour brouiller les pistes. "Ces signes ressemblent à des idéogrammes, mais en réalité c'est déjà un vocabulaire abstrait", explique l'expert.
zao wou ki ideogramme © France 3 / Culturebox

Le peintre le plus français des Chinois

Orient-occident : le rapport de l'artiste avec ses racines a toujours été complexe. Il oublie un temps la Chine pour finalement y revenir. En 1983, Zao Wou-Ki dit s'être "libéré "en utilisant des encres de Chine. Elles rappellent la tradition asiatique du Yin et du Yang où le vide est aussi important que le plein. La dernière salle de l‘exposition présente quatre grandes encres de 2006, jamais montrées à Paris. Zao Wou-Ki les réalise dans le cadre d’un projet pour le rideau de scène de l’Opéra de Pékin. C’est à partir de 1980 que ses formats s’agrandissent considérablement.
zao wou ki encre de chine © France 3 / Culturebox

Rencontre avec l'abstraction

Zao Wou-Ki est passionné de peinture dès l’âge de 14 ans. Né à Pékin en 1920, dans une famille cultivée et lettrée, tout au long de sa vie il n'a cessé de chercher. De la tradition picturale chinoise à la technique occidentale de la peinture à l’huile, c'est dans l'abstraction qu'il trouve son chemin. En 1948, il arrive en France et découvre l'art moderne. La finesse de son trait et son style pattes de mouche lui vaut l’admiration d’Henri Michaux, peintre des signes. En 1951, lors d’un voyage en Suisse, il découvre l’œuvre de Paul Klee : un choc. Il se lance à cœur perdu dans l’abstraction.
Henri Michaux  Sans titre, 1964, Encre sur papier, 64 x 102 cm 

Henri Michaux  Sans titre, 1964, Encre sur papier, 64 x 102 cm 

© Dennis Bouchard