Yves Klein, le "roi du bleu", plus actuel que jamais

Par @Culturebox
Mis à jour le 08/06/2018 à 10H18, publié le 07/06/2018 à 14H45
Yves Klein et son bleu.

Yves Klein et son bleu.

© Succession Yves Klein c/o ADAGP Paris, 2018

On fête cette année les 90 ans de la naissance de l’artiste conceptuel Yves Klein (1928-1962). Contemporain de César, Arman, ou Jean Tinguely, Klein reste définitivement l’un des artistes les plus étonnants de sa génération, grâce à son fameux "Bleu Klein" mondialement célèbre.

Son père et sa mère étaient peintres, Yves Klein, lui est autodidacte. Mais cela ne va pas l’empêcher de réinventer à sa façon l’art de son époque qu’il juge trop sage et trop conformiste.

"Yves le Monochrome" 

Et parmi plusieurs tentatives artistiques, sa signature, c’est la couleur. Orange, vert, rose, jaune, dès 1955, Klein fait à Paris sa première exposition de tableaux recouverts d’une seule teinte. Il se fait immédiatement repérer et devient célèbre sous le nom d’"Yves le Monochrome".

Reportage : M. Berrurier, F. Bazille, J. Michaan, L. Feuillebois 

https://videos.francetv.fr/video/NI_1248055@Culture

Dès le début, Yves Klein a une préférence pour le bleu. Selon lui, cette couleur a une "dimension" que n’ont pas les autres : c’est la mer, le ciel, mais aussi l’espace et l’infini... Bref le bleu résonne de façon spirituelle, immatérielle. En un mot : il est unique. Alors, il a un projet fou : s’approprier définitivement ce coloris.
Dans une rétrospective Yves Klein à Francfort, en 2004.

Dans une rétrospective Yves Klein à Francfort, en 2004.

© BERND KAMMERER/AP/SIPA

Le secret du "Bleu Klein"

En 1956, Yves Klein met au point avec son marchand de couleur un bleu outremer très particulier. Son aspect mat, poudreux, magnétique est dû à l’utilisation d’un fixatif qui vient d’être inventé et qui donne l’impression que le pigment est pur de tout autre ingrédient.
Comme un savant fou, Yves Klein dépose son invention à l’INPI - l’Institut National de la Propriété Industrielle - sous le nom de "Bleu IKB" (International Klein Blue). En réalité, il vient de s’approprier une recette chimique, une matière et non une couleur.

Les critiques et les sceptiques

À la fin des années 50, les choix artistiques d’Yves Klein font beaucoup de bruit. Certains se moquent et le traitent de "fumiste". Ils critiquent ce bleu que l’artiste applique au rouleau ou au pistolet - et non, comme tout le monde, au pinceau - tout simplement pour créer une "distance" intellectuelle entre lui et la toile. Klein est l’un des premiers artistes à conceptualiser l’art .

Les "pinceaux vivants"

1960 : Yves Klein pendant l'un des performances, les "Anthropometries" au Musée d'art moderne de la ville de Paris.

1960 : Yves Klein pendant l'un des performances, les "Anthropometries" au Musée d'art moderne de la ville de Paris.

© DALMAS/SIPA
Pourtant en 1960, Yves Klein va aller encore plus loin : il invite des modèles dénudés à se rouler dans 20 kg de son "Bleu IKB" et à appliquer leurs corps enduits de peinture sur différentes toiles immaculées étalées au sol ou fixées sur le mur. De la voix, de loin, il guide ces "pinceaux vivants" (le terme est de lui) et crée l’œuvre d’art la plus insolite qu’on n’ait jamais vue. Ses contemporains sont choqués mais Klein vient d’inventer la "performance". Il laisse une trace colorée et indélébile dans l’histoire de l’art !


  • "L'Aventure de la couleur. Oeuvres phares du Centre Pompidou", Centre Pompidou-Metz, jusqu'au 23 juillet 2019
  • "Au diapason du monde", Fondation Vuitton, jusqu'au 27 août 2018
  • "Yves Klein - Pigment Pur", Fondation Venet, Le Muy, jusqu'au 15 septembre 2018