Un Picasso saisi en Corse cet été au centre d’une polémique internationale

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 04/11/2015 à 11H56
"Tête de jeune fille" - Pablo Picasso (1906).

"Tête de jeune fille" - Pablo Picasso (1906).

© France 3

Trois mois après sa saisie par les douaniers corses, "Tête de jeune fille" continue de donner la migraine aux autorités françaises et espagnoles. Ces dernières qui revendiquent la propriété légitime de ce trésor national sont en conflit avec le banquier qui l’avait acquis en 1977. Celui-ci conteste en effet la validité même de la saisie. Un véritable casse-tête.

Son visage placide semble insensible à la bataille juridique qui l’entoure. "Tête de jeune fille", toile peinte par Pablo Picasso en 1906 est depuis cet été au centre d’un imbroglio diplomatico-juridique.

Rappelez-vous : le 31 juillet dernier à Calvi, les douaniers saisissent l’oeuvre à bord d’un yacht. Le bateau ainsi que la toile sont la propriété du banquier espagnol Jaime Botin qui a acquis le tableau en 1977 lors d’une vente chez Christie’s.
 
Reportage : M-F.Stefani / S.Agostini / M-F.Pianelli / F.Barbolosi / V.Buresi / B.Maximos

https://videos.francetv.fr/video/NI_541686@Culture

Trésor national 

Depuis, la deuxième fortune d’Espagne a voulu faire sortir l’œuvre du pays, probablement afin de la vendre. Mais l'état espagnol ne l’entend pas de cette oreille. En 2012, le ministère de la Culture puis la justice interdisent l’exportation de "Tête de jeune fille", considéré comme un trésor national. Il faut dire que la toile est l’un des rares témoignages de la période dite "Gósol", du nom d’une commune catalane où séjourna l’artiste en 1906. Une période qui amorce son virage vers le Cubisme.
 

Des enjeux énormes 

Selon la loi espagnole, toute œuvre de plus de 100 ans est soumise à une autorisation de sortie du territoire. Cet été, c’est sans autorisation que la toile quitte le territoire pour la Suisse via la Corse. C’est la que les Douanes françaises ont saisi le tableau avant de le remettre aux autorités espagnoles.

Une procédure que contestent aujourd’hui les avocats de Jaime Botin. La toile ayant été achetée à Londres en 1977, elle serait selon eux soumise au droit britannique et non espagnol. Face à la valeur à la fois culturelle mais aussi pécuniaire du tableau (estimé à 25 millions d’euros !), aucune des parties ne semble prête à ceder. Affaire à suivre…