Rencontre avec Paul Bessis, jeune touche-à-tout entre BD et dessin d'animation

Mis à jour le 04/01/2019 à 11H28, publié le 03/01/2019 à 15H02
Paul Bessis au travail chez lui à Neuilly

Paul Bessis au travail chez lui à Neuilly

© JULES BOUDIER/CULTUREBOX

A 22 ans, Paul Bessis, tout frais sorti de l'Institut Supérieur des Arts Appliqués (LISAA), commence déjà sa percée dans le monde du dessin. Portrait d'un jeune dessinateur talentueux, passionné de bande-dessinée, mais qui compte bien s'affirmer dans le monde de l'animation.

Son monde, c'est sa petite chambre dans l'appartement de ses parents à Neuilly-sur-Seine, dans la banlieue parisienne. C'est dans cette chambre que Paul a grandi, et c'est ici qu'il travaille à présent. Les murs sont couverts d'affiches et de dessins, les étagères croulent sous le poids des vinyles, des livres et des bandes dessinées. Sur son bureau, un ordinateur imposant trône aux côtés de son matériel de dessin et d'une tablette tactile.
Car Paul Bessis, malgré un trait plutôt classique, travaille avec les nouvelles technologies. En témoigne sa dernière participation au documentaire "Face B comme Bossa, l'autre histoire d'Henri Salvador" diffusé en décembre 2018 sur France Ô. La société de production du documentaire, n'ayant pas réussi à obtenir les droits sur certaines photos du célèbre crooner, l'approche pour réaliser des dessins dynamiques. Ce travaille de transformation de photos en dessin, Paul le réalise sur son iPad, à travers un logiciel qui permet de transformer tout le processus du dessin en une vidéo accélérée. "C'est un processus compliqué, car on n'a pas le droit à l'erreur. Je dois m'entraîner plusieurs fois avant de réussir à le faire d'une traite" explique-t-il.

Passionné de dessin depuis "tout petit"

Son béguin pour le dessin naît dès son plus jeune âge, notamment avec la lecture des Aventures de Tintin. Dès la seconde, il intègre une école de design et se lance dans la communication audiovisuelle, une discipline qu'il qualifie lui-même d'"horrible" et qu'il abandonne un fois son bac en poche. Malgré son intérêt prédominant pour la bande-dessinée, il se lance dans l'animation à l'Institut Supérieur des Arts Appliqués (LISAA).Un choix qu'il justifie par la porosité à sens unique du monde de l'animation vers celui de la BD.
"Pour créer le mouvement dans la BD, il suffit de dessiner un instant de ce mouvement, tandis que dans l'animation, il faut en dessiner chaque instant du début à la fin. C'est pour cela que l'on peut facilement passer de l'animation à la BD, mais que l'inverse est plus difficile" développe-t-il. Et il ajoute en riant: "Bosser sur un film, c'est quand même plus excitant!".

De grands projets pour l'avenir

L'année dernière, il s'était déjà lancé dans une collaboration avec Sylvain Chomet, connu pour ses long-métrags d'animation comme "Les Triplettes de Belleville" ou "L'Illusioniste". Paul Bessis était chargé de développer des décors et animer certains personnages d'un pilote pour un possible long-métrage.
Paul Bessis travaillant sur le projet de documentaire sur Henri Salvador dans sa chambre à Neuilly

Paul Bessis travaillant sur le projet de documentaire sur Henri Salvador dans sa chambre à Neuilly

© JULES BOUDIER/CULTUREBOX
Pour 2019, il devrait achever sa première bande-dessinée, en coopération avec le scénariste François Rabes, connu pour sa participation à "La Cité des enfants perdus", film de Jean-Pierre Jeunet sorti en 1995. Si l'on ajoute les storyboards qu'il conçoit régulièrement sous commande, Paul Bessis apparaît comme un véritable touche-à-tout du dessin... un talent à suivre.