Picasso aux Carrières de lumières : dans les coulisses de l'expo immersive

Par @Culturebox
Mis à jour le 08/03/2018 à 10H31, publié le 05/03/2018 à 11H32
Gianfranco Iannuzzi, le co-réalisateur du spectacle prépare l'animation avec un de ses collaborateurs.

Gianfranco Iannuzzi, le co-réalisateur du spectacle prépare l'animation avec un de ses collaborateurs.

© France 3 Culturebox

Depuis le 2 mars, les Carrières de lumières des Baux-de-Provence proposent leur nouvelle exposition numérique immersive dédiée cette fois à Picasso et aux maîtres espagnols. Pour animer les 7000 m² de parois calcaires du site, un travail méticuleux est nécessaire en amont tant d’un point de vue technique qu’artistique.

Après Bosch, Brueghel et Arcimboldo la saison dernière, les Carrières de lumières offrent leurs immenses murs de calcaire à Picasso dont les œuvres vont dialoguer avec celles de quatre maîtres espagnols : Goya, Sorolla, Zuloaga et Rusiñol. Ils sont à l’honneur dans la première partie de l’exposition immersive avec des portraits et scènes de vie quotidienne.

La seconde partie se concentre sur Picasso et sur sa richesse créative. Parmi ses toiles les plus célèbres, on retrouve les Demoiselles d’Avignon (1907), La Flûte de Pan (1923), mais aussi Guernica (1937) et La Joie de Vivre (1946).
 

Respecter les oeuvres originales

Mais derrière la fluidité de l’animation des œuvres se cache un long travail de préparation. Bien avant de commencer à projeter les toiles sur les murs, il a d’abord fallu échanger longuement avec les ayants droit de Picasso : "On ne peut pas mettre le bas d’un tableau avec le haut d’un autre, même chose avec les personnages" explique Augustin de Cointet de Filain, le directeur du château des Baux-de-Provence et des Carrières de Lumières. "Il faut aussi respecter la colorimétrie des œuvres. Pour ça, il y a un long travail en amont sur l’image source puis les réglages de couleur. Puis les ayant-droit viennent vérifier que le travail respecte l’œuvre originale."

11 secondes parasites

Une dizaine de personnes travaillent pendant plusieurs mois pour mettre au point l’animation mais aussi régler un problème majeur : le son. "C’est la plus grande difficulté sur ce site" reconnait Gianfranco Iannuzzi, co-réalisateur du spectacle avec Renato Gatto et Massimiliano Siccardi : "Il y a une réverbération très longue (ndlr : 11 secondes parasites), surtout sur les fréquences basses, qui crée un bruit de fond qui bouffe tout".

Et le tout en l’occurrence, c’est une bande-son composée de 9 titres qui rythment la mise en mouvement des images : du classique (Beethoven, Bizet, Shostakovitch), du jazz (Glenn Miller, Keith Jarret), de la soul (Otis Redding)... "On a choisi des éditions live et la plupart sur vinyle pour se rapprocher de Picasso et souligner le changement continue chez Picasso" explique Gianfranco Iannuzzi.
 

Vers un nouveau succès ?

Cette année encore, les Carrières devraient attirer un public nombreux. L’an dernier, 555 000 visiteurs étaient venus s’immerger dans l’univers de Bosch, Brueghel et Arcimboldo. Depuis l’ouverture des Carrières en 2012, ce sont 3 millions de personnes qui ont déjà pénétré dans les Carrières de lumière des Baux-de-Provence.