Musée du Louvre : un happening militant contre le mécénat de Total

Par @Culturebox
Mis à jour le 12/03/2018 à 15H47, publié le 12/03/2018 à 12H25
Des militants se sont allongés devant "Le Radeau de la Méduse" de Géricault au Louvre pour protester contre le partenariat du musée avec Total

Des militants se sont allongés devant "Le Radeau de la Méduse" de Géricault au Louvre pour protester contre le partenariat du musée avec Total

© Thomas Samson / AFP

Des militants de la cause climatique, tout de noir vêtus, sont venus s'allonger lundi matin devant "Le Radeau de la méduse", dans l'une des salles les plus fréquentées du musée du Louvre, pour protester contre le mécénat de Total en faveur du musée parisien, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une dizaine de personnes sont arrivées tranquillement peu après 10h30, puis elles se sont allongées, doucement, devant le célèbre tableau de Géricault, en scandant des slogans contre l'action du groupe pétrolier.
 
Les visiteurs ont été évacués vers d'autres salles au bout d'une dizaine de minutes, tandis que les protestataires restaient sur le sol, pour "symboliser les victimes des activités pétrolières" selon l'ONG 350.org.

La dizaine de personnes étaient arrivées tranquillement peu après 10h30, puis elles se sont allongées, doucement, devant le célèbre tableau de Géricault, en scandant des slogans contre l'action du groupe pétrolier. Elles y sont restées environ deux heures, avant de quitter les lieux d'elles-mêmes.
 
Le Louvre, interrogé par l'AFP, a confirmé l'évacuation des visiteurs de la salle, puis le départ des activistes de leur plein gré, sans intervention de vigiles ni de forces de l'ordre.

Des associations dénoncent le partenariat Louvre-Total

Il y a un an, en mars 2017, une trentaine de militants étaient venus déposer un tapis d'étoffes noires au pied de la Victoire de Samothrace, formant une "rivière de pétrole" symbolique, accompagnée de tracts "Total soutient le Louvre/Le Louvre soutient Total - #zerofossile".
 
Quelques mois plus tard, les bassins extérieurs du Louvre étaient victimes d'une "marée noire", après ajout d'un colorant noir "100% naturel" selon les organisateurs.
 
Un collectif d'associations, emmené par 350.org, a lancé cette campagne "Libérons le Louvre", pour demander au musée de mettre un terme à son partenariat avec la Fondation Total, au nom de la lutte contre les dérèglements climatiques (les énergies fossiles - charbon, pétrole, gaz - étant largement responsables des gaz à effet de serre sources du réchauffement planétaire).

Un "soutien financer décisif", selon Jean-Luc Martinez

"De plus en plus de communautés seront poussées à l'exil à mesure que les impacts du dérèglement climatique continueront de s'accentuer", expliquait le collectif lundi. "En tant que courroie de transmission entre les civilisations et les cultures, mais aussi en tant que lieu d'éducation, le partenariat avec Total entre en contradiction avec l'ambition du musée de tisser des ponts entre civilisations passées et générations actuelles."

Total est un partenaire du Louvre depuis environ 20 ans. Dans une réponse adressée en janvier 2017 au responsable de 350.org France, le président du musée Jean-Luc Martinez détaillait ses actions (soutien à des expositions, rénovations, éducation culturelle, action sociale), évoquant un "soutien financier décisif".

D'autres institutions culturelles ont déjà été visées par cette campagne, comme la Tate de Londres qui a fini par renoncer au soutien de BP en 2016.