Les "Nymphéas" de Claude Monet, l'obsession de toute une vie au Musée de l'Orangerie

Mis à jour le 14/05/2018 à 16H40, publié le 11/05/2018 à 16H47
"Les nymphéas, reflets verts". Peinture de Claude Monet 

"Les nymphéas, reflets verts". Peinture de Claude Monet 

© Musee De l'Orangerie. Photo Josse / Leemage

L’exposition "Nymphéas. L’abstraction américaine et le dernier Monet", se tient actuellement au Musée de l’Orangerie jusqu’au 20 août. A cette occasion, le 20h de France 2 revient sur le rapport que le peintre Claude Monet entretenait avec ces fleurs et sur la place qu’elles ont occupé dans sa vie.

En mai 1927, les salles Monet de l’Orangerie sont inaugurées avec les panneaux monumentaux des nymphéas. Les œuvres sont mal reçues par la critique. Il faut attendre la réouverture des salles, endommagées pendant la seconde guerre mondiale, pour que la série de nénuphars soit reconnue et rencontre l’abstraction américaine des années 1950.  
 
Reportage de M.Berrurier, V.Lucas, D.Arzur, G.Lancien pour France 2 

https://videos.francetv.fr/video/NI_1233421@Culture

Les nénuphars de Monet font parties des oeuvres les plus célèbres au monde, ils sont à la fois l’œuvre la plus spectaculaire du peintre, mais aussi l’obsession de sa vie. L’artiste puise son inspiration dans son jardin de sa demeure de Giverny (Eure), où il capte la lumière changeante qui effleure les nymphéas tout au long de la journée. "C’était un atelier à ciel ouvert […] il était souvent là à contempler, voir les effets de la lumière sur les reflets" explique Gilbert Vahé, le chef jardinier de Giverny.
Détails des "Nymphéas" peinture de Claude Monet, à l'Orangerie de Paris 

Détails des "Nymphéas" peinture de Claude Monet, à l'Orangerie de Paris 

© DU SORDET-ANA / ONLY FRANCE
Durant les trente dernières années de sa vie, le peintre a fait 250 versions différentes de ce tableau. Mais ses yeux vieillissent et l’empêchent de retranscrire fidèlement ce qu’il voit. Au fil du temps, le visiteur averti peut noter que les fleurs sont de moins en moins nettes.

C'était un oeil Monet, il était très très inquiet que cet organe puisse plus ou moins être altéré

Cécile Debray, directrice du musée de l'Orangerie parle des yeux de Monet
Détail des "Nymphéas" peinture de Claude Monet, au Musée de l'Orangerie 

Détail des "Nymphéas" peinture de Claude Monet, au Musée de l'Orangerie 

© France 2/ Culturebox
Au musée de l’Orangerie, le peintre de presque 80 ans réalise son rêve en créant une oeuvre unique dans l'histoire de l'art : deux pièces ovales, dédiées aux Nymphéas. Elles abritent huit peintures du bassin aux nénuphars de Monet réalisées à partir de différents panneaux assemblés les uns aux autres. Elles ont toutes la même hauteur mais ont des largeurs différentes afin d’être réparties sur les parois courbes de deux salles ovales.

Les pièces sont éclairées par la lumière du jour, elles offrent au spectateur une vision à 360°, et le plonge en immersion au milieu de l’œuvre de Monet. Certains visiteurs ne cachent pas leur émotion, comme cette touriste qui rêvait de voir les "Nymphéas" depuis 40 ans et qui ne peut pas retenir ses larmes. Monet, le dernier impressionniste, et aussi le premier à avoir touché à l’abstraction.  
La salle des "Nymphéas" de Monet au Musée de l'Orangerie 

La salle des "Nymphéas" de Monet au Musée de l'Orangerie 

© PHOTOPQR/LE PARISIEN