Les Cosmogonies d'André Verdet constellent le musée Cocteau de Menton

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/02/2015 à 16H45
Pluie d'étoiles et de Cosmogonies, André Verdet inonde le Musée Cocteau de Menton

Pluie d'étoiles et de Cosmogonies, André Verdet inonde le Musée Cocteau de Menton

© France 3 / Culturebox

Avec cette nouvelle exposition consacrée à l'artiste André Verdet, poésie et peinture se répondent sur les murs du musée Cocteau de Menton. Intitulées "Cosmogonie", 49 des œuvres dédiées au cosmos et aux étoiles sont à découvrir jusqu'au 25 mai 2015.

Le musée Jean Cocteau de Menton présente 49 Cosmogonies d'André Verdet. Le témoignage d'un artiste engagé et passionné par l'univers et l'astronomie.

Reportage : B. Peyrano / J.-M. Sara / K. Schmid 

https://videos.francetv.fr/video/NI_155607@Culture

L'ami des peintres et des poètes

André Verdet est un poète, peintre, céramiste, passionné de jazz et d’astronomie, né à Nice en 1913. Ami des artistes de la période moderne, il côtoie pendant de longues années les peintres de la Côte d'Azur. Dès 1936, il suscite l'admiration durable et spontanée de ses aînés : Giono, Cocteau, Eluard, Braque, Miro, Magnelli, Matisse.
Cosmogonies-Musee-Cocteau2 © France 3 / Culturebox
Une vie tourmentée et engagée

Pendant la Seconde Guerre mondiale, André Verdet a été très actif dans le réseau "Combat" de la Résistance. Arrêté par la Gestapo en 1944, il est incarcéré à la prison de Fresnes, puis envoyé au camp de Compiègne et déporté à Auschwitz et Buchenwald. "Il a été résistant et particulièrement engagé et s'est retrouvé dans des camps de concentration dans des conditions particulièrement difficiles. Et s'il a survécu, il le disait lui-même, c'est probablement grâce à ce cosmos et à ces étoiles", rappelle Françoise Leonelli, conservatrice du Musée Jean Cocteau.

Tout au long de son emprisonnement, la poésie, cosmique et ontologique, ne cessera de l'accompagner. Il revient des camps de la mort avec des mots et des rêves plein la tête. En 1947, son roman "La nuit n’est pas la nuit"  part du réel inimaginable des camps nazis, pour montrer que même ce réel suscitait des rêves et des espérances. "La poésie n’est pas uniquement le privilège de l’homme" mais elle "palpite dans la scintillation des étoiles, dans la giration de la Terre", peut on lire dans cet ouvrage. 
"La nuit n'est pas la nuit" André Verdet 

"La nuit n'est pas la nuit" André Verdet 

© France 3 / Culturebox
Libéré en 1945, il retrouvera son ami Prévert et rencontrera Picasso, Léger ou Chagall. 

Jean Cocteau, l'amitié poète

Même parcours de poésie et de peinture, André Verdet et Jean Cocteau se côtoient régulièrement sur les bords de la Méditerranée où ils sont tous deux installés. Une relation d'amitié plutôt étonnante si l'on en croit les tempéraments des deux hommes. Comme le souligne Luciano Melis, le commissaire de l'exposition, "Cocteau, c'était quand même un dandy, un bourgeois, alors qu'André Verdet était un paysan fier de l'être. Mais les deux avaient une reconnaissance extrême l'un envers l'autre. Cocteau, quand il a en amitié quelqu'un qui lui-même est un poète, pour qu'il le reconnaisse comme poète, il faut qu'il ait du talent". 
André Verdet et Jean Cocteau

André Verdet et Jean Cocteau

© France 3 / Culturebox
Jusqu’à sa mort en 2004, André Verdet encouragera un grand nombre de jeunes artistes, dont Arman, Klein, Sosno et Ben.

"Les cosmogonies" d'André Verdet au Musée Cocteau de Menton
Du 
21 février au 25 mai 2015

Horaires
Ouvert tous les jours de 10h00 à 18h00 sauf les mardis et le 1er janvier, le 1er mai, le 1er novembre et le 25 décembre.

Tarifs
Exposition des collections "Les Univers de Jean Cocteau" + Exposition temporaire "Daphne Corregan, Overlaps" : 8 €