Le tableau du Caravage, retrouvé dans un grenier, pourrait être vendu aux enchères au printemps

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 08/01/2019 à 10H37
La toile "Judith décapitant Holopherne" au musée Jacquemart André, en 2018

La toile "Judith décapitant Holopherne" au musée Jacquemart André, en 2018

© GINIES/SIPA

La toile "Judith décapitant Holopherne", retrouvée dans un grenier en 2014 - et dont l'attribution au Caravage est toujours discutée - devrait être vendue aux enchères au printemps à Toulouse, a révélé Artprice. Elle ne rejoindra pas les collections françaises puisque l'Etat ne s'est pas porté acquéreur.

Selon la société experte du marché de l'art Artprice, l'expert Éric Turquin, en charge de la vente de la toile et qui est convaincu qu'elle est du grand maître du clair-obscur, prévoit sa mise en vente à Toulouse probablement à la fin du printemps, après une tournée à l'étranger pour la présenter. 

Découverte dans un grenier d'une maison toulousaine, l'oeuvre avait été soumise à cet expert renommé. Le commissaire-priseur toulousain Marc Labarbe, contacté dès le début par les propriétaires, pourrait être impliqué dans sa vente au printemps.

L'État avait classé la toile trésor national en 2016 

Selon Artprice, leader des banques de données sur les indices de l'art, "les propriétaires et le cabinet Turquin ont laissé tout le temps à l'État pour acquérir le Caravage de Toulouse" et "les experts du Louvre avaient été invités à découvrir l'oeuvre très vite après sa découverte en 2014".

L'État avait classé en 2016 la toile trésor national, empêchant sa vente à l'étranger jusqu'en novembre 2018. Les raisons pour lesquelles l'État ne s'est porté acquéreur n'ont pas été révélées. Le manque de certitude sur l'authenticité ou la valeur marchande élevée (120 millions d'euros) alors que le budget des musées nationaux est réduit, pourraient avoir joué, selon les experts. 

Le délai de 30 mois étant écoulé sans que l'État ait décidé de l'acheter, les propriétaires ont fait une nouvelle demande d'obtention d'un certificat d'exportation, et celui-ci a été automatiquement accordée, a-t-on confirmé au ministère de la Culture. La toile peut donc être vendue librement sur le marché.

Le montant final aux enchères du "Caravage" toulousain sera intéressant à observer, alors que le "Salvator Mundi" attribué à Léonard de Vinci - même si certains experts le contestent - avait atteint un record de 450 millions de dollars en 2017 à New York.

Caravage, un peintre souvent copié

L'attribution des toiles du Caravage, qui a peint à plusieurs reprises un même sujet en deux versions, et qui a été aussi largement copié, est particulièrement ardue. 

Une autre toile "Judith et Holopherne" du Caravage de 1598 existe déjà. Si les deux tableaux ne se ressemblent guère, la peinture toulousaine, une huile de 144 sur 173 cm, paraît proche d'une oeuvre de Louis Finson, peintre flamand travaillant à Naples, connu pour avoir fait des copies de toiles du Caravage.