"Japonismes / Impressionnismes" à Giverny : cet art japonais qui a tant influencé les impressionnistes

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/07/2018 à 15H01, publié le 09/07/2018 à 12H12
Les oeuvres d'une cinquantaine d'artistes sont exposées. Ici un "Portrait d'Emile Zola" par Edouard Manet propriété du Musée d'Orsay.

Les oeuvres d'une cinquantaine d'artistes sont exposées. Ici un "Portrait d'Emile Zola" par Edouard Manet propriété du Musée d'Orsay.

© France 3 / Culturebox

Dernière ligne droite pour la très belle exposition "Japonismes / Impressionnismes" qui montre à quel point l’art japonais a influencé les impressionnistes. Jusqu’au 15 juillet au musée des impressionnismes de Giverny, un parcours thématique retrace cette belle rencontre entre deux mondes, deux cultures en apparence très éloignées mais qui ont su se retrouver autour de l’art.

Reportage : J. Howlett / D. Meunier / O. Vincent / R. Sevestre

https://videos.francetv.fr/video/NI_1263301@Culture

Il fut un temps où l’art japonais impressionna les impressionnistes. Nous sommes en 1868. Le Japon s’ouvre au reste du monde. Relations commerciales et diplomatiques mais aussi artistiques. Les peintres occidentaux découvrent une sensibilité bien différente de celle enseignée aux Beaux-Arts. Loin des modèles antiques réinterprétés à l’infini depuis la Renaissance, les artistes du Soleil Levant sont avant tout dans une célébration de la vie et de la nature.

Une exposition en quatre parties

Vivacité des couleurs, absence de volume et utilisation intensive de l’aplat, la découverte est totale. L’exposition "Japonismes / Impressionnismes" revient sur ce choc culturel à travers quatre sections à la fois chronologiques et thématiques qui rassemblent les œuvres d’une cinquantaine d’artistes. Une première partie est consacrée à l’une des figures emblématiques de la culture japonaise : la geisha. Un personnage presque légendaire qui permet aux artistes d’associer érotisme et exotisme, un thème très à la mode depuis quelques décennies déjà. Kimonos et éventails apparaissent alors dans les œuvres de nombreux artistes comme Gauguin, Pissarro ou Degas.
La geisha apparait comme un thème récurrent dans les oeuvres de nombreux peintres comme ici Paul Signac (détail de "Femme se coiffant" 1892 - collection particulière).

La geisha apparait comme un thème récurrent dans les oeuvres de nombreux peintres comme ici Paul Signac (détail de "Femme se coiffant" 1892 - collection particulière).

© France 3 / Culturebox - capture d'écran
Le parcours se poursuit avec les peintres collectionneurs. Fascinés par ce qu’on appelle désormais le Japonisme, de nombreux artistes collectionnent estampes et objets précieux. Des objets qui sont représentés dans les toiles de peintres comme Caillebotte, Manet ou Berthe Morisot. Grand collectionneur d’art japonais, Vincent Van Gogh ira jusqu’à organiser une présentation d’estampes au Tambourin à Paris en 1887. Bientôt, l’estampe devient impressionniste et c’est le titre de la troisième partie de l’exposition. Entre 1870 et 1890, de nombreux artistes s’essaient à l’art de l’estampe. Henri Rivière, James McNeill Whistler, Edouard Manet…pour ne citer qu’eux furent profondément influencés par cet art séculaire appelé Ukiyo-e au Japon.

Une autre vision du monde

L’exposition se conclut par l’influence décisive qu’aura eue le Japonisme sur les différents courants artistiques occidentaux. Les impressionnistes se libèrent dès lors de la représentation du réel. La nature devient foisonnante, enveloppante. L’heure n’est plus à l’imitation mais à l’interprétation poétique du monde qui les entoure.