"La Liberté guidant le peuple" de Delacroix : histoire d'une icône moderne

Par @Culturebox
Mis à jour le 05/04/2018 à 12H10, publié le 30/03/2018 à 13H03
"La Liberté guidant le peuple"  au musée du Louvre

"La Liberté guidant le peuple"  au musée du Louvre

© PATRICK KOVARIK / AFP

C'est une exposition événement. Le Louvre rend hommage à Delacroix avec la première rétrospective consacrée au peintre depuis 1963. L'occasion de voir la toile la plus célèbre du peintre romantique "La Liberté guidant le peuple". Une icône qui a la force de frappe d'une image d’actualité. Décryptage.

Naissance d’une icône 

Comme "La Joconde",  "La Liberté guidant le peuple"  fait partie de ces tableaux mythiques qui hantent les mémoires et les manuels scolaires. Tout simplement parce que ce tableau d’Eugène Delacroix est une image forte, comme une image d’actualité qui nous frappe dans un journal télévisé.

Reportage : M. Berrurier / G. Legoff / D. Arzur / S. Lacombe

https://videos.francetv.fr/video/NI_1211963@Culture

Avec ce tableau immense ( 3,25m x 2,60) au cadrage osé ( le drapeau sort de la toile) le peintre romantique Eugène Delacroix raconte un tournant important de l’histoire de France : le moment où le drapeau tricolore s’impose définitivement comme drapeau national.

Le contexte historique 

Juillet 1830, le peuple de Paris monte sur les barricades pour protester contre les ordonnances du roi Charles X qui suppriment notamment la liberté de la presse ! Ces émeutes des 27, 28, et 29 juillet que l’on appelle "Les trois Glorieuses", vont se solder par le départ de Charles X et l’arrivée de Louis Philippe. Mais même si la république n’arrive que 17 ans plus tard, c’est un moment fort car le drapeau blanc de la monarchie est définitivement remplacé par ce drapeau tricolore que l’on connaît tous aujourd’hui.

L’image "d’actu"de Delacroix 

Il y a 4000 barricades dans Paris à ce moment là, et c’est la première fois que Delacroix peint ce qu’il a vu ! Il a 33 ans, il est déjà connu, mais cette fois encore il a envie de faire le buzz au Salon de 1831. Alors il peint une image dont la plupart des éléments sont réels, observés : des cadavres livides dépouillés de leurs vêtements et de leurs armes, des ongles noirs, du sang, etc. Si on est bien d’accord que la "Liberté" en question est une allégorie avec un grand A, c’est-à-dire une idée, elle est incarnée physiquement par une femme du peuple : grande, les joues rouges, les bras puissants... et elle a même du poil sous les bras ce qui va beaucoup choquer les contemporains de Delacroix !