"L'Agneau mystique", un chef-d'oeuvre des frères Van Eyck restauré, se révèle à Gand

Par @Culturebox
Publié le 20/06/2018 à 15H56
"L'Agneau mystique" des frères Van Eyck, vue ensemble pendant l'enlèvement du surpeint - Sint-Baafskathedraal Gent

"L'Agneau mystique" des frères Van Eyck, vue ensemble pendant l'enlèvement du surpeint - Sint-Baafskathedraal Gent

© Lukasweb.be-Art in Flanders vzw, foto KIK-IRPA

"L'Agneau mystique" peint au début du XVe siècle par les frères Van Eyck a révélé mardi en Belgique son visage original comme on ne l'avait jamais vu depuis le XVIe siècle, "beaucoup plus expressif et intense", selon l'équipe chargée de la restauration de ce chef-d'oeuvre de la peinture primitive flamande.

Le nettoyage de la partie centrale de "L'Agneau mystique" est l'une des étapes importantes du vaste travail de rénovation entrepris fin 2012 par l'Institut royal du Patrimoine artistique (Irpa) sur le célèbre retable de la cathédrale Saint-Bavon de Gand (nord-ouest).
 
Depuis quelques mois, ce travail, qui a pour cadre le musée municipal des Beaux-Arts de la cité flamande, se concentrait sur le dégagement des surpeints de la partie centrale de l'oeuvre, comprenant la tête de l'agneau. Et l'aboutissement de cette étape, présenté mardi à la presse, a révélé quelques spectaculaires surprises, de l'avis des restaurateurs.
"L'Agneau mystique" des frères Van Eyck, la tête de l'agneau avant et après l'enlèvement du surpeint - Sint-Baafskathedraal Gent

"L'Agneau mystique" des frères Van Eyck, la tête de l'agneau avant et après l'enlèvement du surpeint - Sint-Baafskathedraal Gent

© Lukasweb.be-Art in Flanders vzw, foto KIK-IRPA

Un agneau beaucoup plus expressif

"La tête est très différente de celle qu'on connaissait depuis le XVIe siècle. Il s'agit d'un agneau beaucoup plus intense, beaucoup plus expressif, qui a un contact direct avec le public, avec de grand yeux", a expliqué à l'AFP Hélène Dubois, cheffe de projet pour l'Irpa.
 
"On ignorait à quel point ce retable était recouvert par des surpeints du XVIe siècle, on redécouvre l'art original des Van Eyck", a-t-elle affirmé.
 
Dès le 16e siècle on avait surpeint le panneau central (sur 45% environ de la surface) pour camoufler de petites dégradations et des restaurations antérieures peu soigneuses, raconte le site de l'Institut royal du patrimoine artistique. Le ciel nettoyé a retrouvé des nuances subtiles et de fins nuages, tandis que les bâtiments, recouverts d'une couche grise, ont retrouvé "leurs multiples couleurs et leur remarquable jeu de lumière". De nouveaux bâtiments sont même réapparus et des vêtements ont révélé des "drapés lumineux".
"L'Agneau mystique" des frères Van Eyck, détail du ciel pendant l'enlèvement du surpeint. Les nuages originaux réapparaissent dans le ciel plus clair côté gauche - Sint-Baafskathedraal Gent

"L'Agneau mystique" des frères Van Eyck, détail du ciel pendant l'enlèvement du surpeint. Les nuages originaux réapparaissent dans le ciel plus clair côté gauche - Sint-Baafskathedraal Gent

© Lukasweb.be-Art in Flanders vzw, foto KIK-IRPA

Inscrit au patrimoine de l'Unesco

Le chef d'oeuvre des frères Hubert et Jean Van Eyck, inspiré de divers épisodes bibliques, achevé en 1432, est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Sa restauration panneau par panneau (le polyptyque en comporte 24 au total) doit porter dans un premier temps, jusque "fin 2019-début 2020", sur les deux tiers de sa surface, selon Hélène Dubois.
 
Après sept ans de travaux, elle doit s'interrompre en 2020 pour la célébration de l'année Van Eyck et reprendra ensuite en fonction des financements publics qui auront été reçus pour soutenir le projet.
"L'Agneau mystique" des frères Van Eyck, détail du groupe des Vierges pendant l'enlèvement du surpeint - Sint-Baafskathedraal Gent

"L'Agneau mystique" des frères Van Eyck, détail du groupe des Vierges pendant l'enlèvement du surpeint - Sint-Baafskathedraal Gent

© Lukasweb.be-Art in Flanders vzw, foto KIK-IRPA