Gustav Klimt : 100 ans après la mort du peintre, le mystère persiste

Par @Culturebox
Publié le 22/03/2018 à 17H57
Les oeuvres mystérieuses de Gustav Klimt interrogent toujours 100 ans après sa mort

Les oeuvres mystérieuses de Gustav Klimt interrogent toujours 100 ans après sa mort

© France 2 / Culturebox

Il y a 100 ans Gustav Klimt disparaissait laissant derrière lui une oeuvre énigmatique et mystérieuse. Parmi les 220 toiles que l'on connaît aujourd'hui du peintre autrichien, on retient ses portraits de femmes dorés à l'or fin, tout à la fois magiques et inquiétants.

100 ans après sa mort, les œuvres de Gustav Klimt (1862-1918) questionnent toujours le visiteur ("Le Baiser", "Judith", "Adèle Bloch-Bauer"). Klimt c'est un style unique, presque ésotérique. Ses muses recouvertes d'or rappellent les icônes byzantines ou celles de l'Égypte ancienne. Une façon singulière de créer un espace sacré.  

Reportage : M. Berrurier / D/ Dahan / N. Berthelot 

De l'or et de la musique

Père fondateur de la Sécession viennoise (Art nouveau autrichien), Klimt fait ses premières expériences picturales dans la décoration de grands théâtres. A l'époque Vienne est imprégnée de musique, de littérature, d’architecture, son père est orfèvre ciseleur et sa mère passionnée de musique lyrique. Ses tableaux portent en eux cette double influence.
"Le Baiser" (1908-1909) Klimt

"Le Baiser" (1908-1909) Klimt

© SIPANY/SIPA
Il applique l'or au pinceau en couches épaisses et fait danser les lignes. En 1902, il réalise "La Frise Beethoven". Une fresque murale de 34,14 m de long sur 2,15 m de haut en sept panneaux, représentant "la Neuvième Symphonie", destinée à illustrer un décor pour un monument en mémoire du musicien. Une œuvre d'art totale selon Klimt lui-même, qui réunit la peinture, la musique et l'architecture. 
"La Frise Beethoven" 

"La Frise Beethoven" 

© GINIES/SIPA

Fascination féminine

Chaque œuvre de Klimt est un voyage où les riches ornements font dialoguer les allégories et les symboles. La figure féminine ('"L'Etreinte", "le Baiser", "la Fécondité", "la Chevelure"....) placée au premier plan apparait comme une véritable fascination chez le peintre symboliste.
"Judith et Holopherne" Klimt (1901)

"Judith et Holopherne" Klimt (1901)

© GINIES/SIPA
La peinture "La Mariée", considérée comme son dernier chef-d'œuvre est, à cet égard, très particulière. Conçue sur la base de plusieurs dessins et études en passant de l'Art nouveau à l'expressionnisme, cette œuvre inachevée retrouvée dans l'atelier du peintre est clairement détaillée dans un carnet d'esquisses de l'artiste datant de 1917. 
"La Mariée" de Klimt (1918)

"La Mariée" de Klimt (1918)

© LEEMAGE / AFP

Le mystère Klimt

De l'or, des femmes divinisées : chaque tableau de Klimt est à la fois magique et inquiétant. Gustav Klimt, lui-même, cultive ce mystère. Tous les jours, il passe neuf heures dans son atelier et pourtant personne ne le voit jamais peindre. À Vienne, des historiens ont reconstitué cet endroit secret. À cette époque, à Vienne, c'est la fin d'un monde et c'est bientôt la guerre. Gustav Klimt est hanté par la mort et aujourd'hui, un siècle plus tard, il nous lègue la plupart de ses mystères. Il réalise aussi des paysages dont la sérénité contraste avec l'autre partie de son oeuvre.  
"Jardin Fleuri" Gustav Klimt

"Jardin Fleuri" Gustav Klimt

© Matt Dunham/AP/SIPA
Pour célébrer le centenaire de sa mort, Vienne le met à l'honneur. Le musée Leopold propose l'exposition "Vienne dans les années 1900 ! Klimt-Moser" jusqu'au 10 juin 2018.