Fiac : 10 oeuvres à découvrir, entre incontournables et découvertes

Mis à jour le 24/10/2018 à 17H17, publié le 18/10/2018 à 15H43
Katarina Grosse 

Katarina Grosse 

© THOMAS SAMSON / AFP

La Fiac, foire d'art contemporain, est un marché mais aussi un musée temporaire. Elle ouvre ce jeudi 18 octobre. 195 galeries viennent présenter leurs artistes. Voici 10 incontournables, 10 coups de cœur ou surprises, parmi les millier d’œuvres que les collectionneurs, acheteurs ou curieux vont pouvoir découvrir sous la verrière du Grand Palais durant tout ce week-end.

1
La mieux placée
Xavier Veilhan 

Xavier Veilhan 

© THOMAS SAMSON / AFP

C'est sur le stand de la puissante Galerie Perrotin, (preuve si l'en faut, c'est là que F. Riester, nouveau ministre de la Culture a débuté sa visite de la Fiac) que Xavier Veilhan a installé trois œuvres. Celui qui a investi Versailles en 2009 a perché un mobile et deux sculptures sur la cime du stand. Ces œuvres sont à l'entrée du Grand Palais, ce seront les premieres vues par les visiteurs. Le symbole de cette 45e  édition. Prix : 180000 à 200000 euros. 

2
La plus monumentale
Katarina Grosse 

Katarina Grosse 

© THOMAS SAMSON / AFP

C'est chez Gagossian que l'on découvre la plus poétique et monumentale installation. Katarina Grosse lors d'une résidence à la Villa Medicis à Rome a récupéré des pins abattus, ils avaient été plantés il y a 200 ans par Ingres. Un pistolet à peinture, et l'artiste allemande transforme cette nature morte en bûcher coloré. Son installation est une histoire de l'art revue et corrigée. Ces troncs pourraient être acquis par un musée et il se murmure au prix de 500000 dollars. 

3
La meilleure mise en scène
Y. Klein "Body imprint made with water and fire"

Y. Klein "Body imprint made with water and fire"

© Christophe Airaud

Parmi les 195 stands, constitués des habituels cubes blancs des foires d'art contemporain, une galerie se singularise et incendie la foire. La Galerie Gmurzynska avec "On Fire" met en scène l'art moderne dans un décor de caserne de pompiers. Alexandre de Betak, designer et metteur en scène de défilés de mode a créé cet écrin rougeoyant pour accrocher des Klein, des Miro, des Matta. Toutes ces œuvres racontent l'incendie, le feu, la fumée, tel ce Klein de 1961 nommé F87. "Body imprint made with water and fire". 

4
Les introuvables

La rumeur a couru dans les allées de la foire. Trois Banksy seraient exposées chez un galeriste. Après le coup d'éclat du street artiste chez Sotheby's détruisant son "Girl with ballon" lors d'une vente aux enchères, son nom provoque les pires emballements. En fait, ce serait un fake et à cette heure aucun Banksy n'a été aperçu à la Fiac. Méfiance, l'artist, as du cache-cache peut aussi avoir planqué une œuvre quelque part dans le Grand Palais. Affaire à suivre. 

5
La plus genrée
Hannah Quinlan et Rosie Hastings 

Hannah Quinlan et Rosie Hastings 

© Christophe Airaud

Dans le secteur Lafayette, au premier étage du Palais chez Arcadia Missa, place à la vidéo queer. Le duo de plasticiennes Hannah Quilan et Rosie Hastings racontent les lieux de rencontres homos à Blackpoll, une station balnéaire du nord de L'Angleterre, ex-ville industrielle aujourd'hui en déshérence. Dix sept minutes pour raconter la scène gay, les modes de vie queer dans une cité qui a perdu son panache et qui se replit sur les valeurs tradis. Quand la crise sociale renvoie dans les bas-fonds les lieux de fêtes et de rencontres gay, sur fond de velours rouge usé et de paillettes décolorées.   

7
Les plus renversants
G. Baselitz et P. Alabarracin 

G. Baselitz et P. Alabarracin 

Cest leur monde à l'envers. Georg Baselitz et son autoportrait de 2005 est en vente chez Skarstedt pour la modique somme de 1,2 million de dollars. Sa peinture est à cette époque minérale, aérienne, légère, le trait fin. L'artiste a aujourd'hui 80 ans, mais le pastel des couleurs et cet orangé vif font oublier les ravages du temps. A quelques mètres de là, chez les Vallois, trois photographies grand format de Pilar Alabarracin, elle aussi, fesses par-dessus tête. La sévillane en habit d'Andalouse, dans sa série "La Maman et la Putain", jette un regard cru sur la position de la Femme, son corps attaché avec les cordes de la tradition machiste. L’élégance de la danse et de l'envol contraste avec la condition de cette femme prisonnière. 

8
La plus coloniale
Thu Van tran 

Thu Van tran 

© Christophe Airaud

Chez Meesen De Clercq, la galerie belge, une bâche au tons passés où se devinent telle une carte postale d'antan un palais des bords de méditerranée. Thu-Van Tran, jeune femme née à Ho Chi Minh en 1979 a récupéré cette image de la France sur un échafaudage de sa ville natale, ainsi le passé coloniale de Saigon ressurgit. La bâche marouflée sur une toile devient peinture, image du passé entre nostalgie et devoir de mémoire. Thu-Van Tran s'inspire de l’histoire du Vietnam, son pays de naissance, recherche les traces à peine visibles de la colonisation et Saigon, titre de cette oeuvre, est une effluve de souvenir. Valeur : 55000 Euros. 

9
La plus intime
Laure Prouvost 

Laure Prouvost 

© Courtesy de l’artiste et Galerie Nathalie Obadia, Paris / Bruxelles Crédit Photo: Bertrand Huet / Tutti image

La galeriste Nathalie Obadia héberge une tapisserie créée dans les traditionnels fabriques belges  (valeur 80000 Euros). C'est l'oeuvre de Laure Prouvost, qui représentera la France à la prochaine Biennale d'Art de Venise. Cette plasticienne de 40 ans, fut en 2013 la première artiste française à décrocher le Turner Prize, la plus prestigieuse récompense en art contemporain décernée chaque année au Royaume-Uni. 

En 3 mètres sur 5, Laure Prouvost  dessine son atelier, mais aussi un cabinet de curiosité où sont éparpillés ses signes habituels. On reconnait son univers, son bric à brac fait de végétaux, de nature envahissante, de messages écrits, de sculptures et d'objets usuels. Une tapisserie, un regard intime sur un atelier d'artiste, comme vu à travers le trou de la serrure.  

10
La plus mystérieuse
Lucie Stahl 

Lucie Stahl 

© Lucie Stahl

C'est une image, un grand format intriguant accroché au 2e étage chez Dépendance, une galerie de Bruxelles. Le visiteur y reconnait une capuche, un visage caché, un bâton, de l'inquiétude et de l'étrangeté. C’est une photographie, ou plutôt un scan. En fait le tirage sur aluminium couvert de résine d'un scan.

Lucie Stahl, née en 1977 à Berlin où elle vit toujours, pose son visage sur la plaque d’un scanner, elle éparpille des paillettes sur la glace. L'image ensuite est travaillée, numérisée, imprimée au jet d’encre, puis recouverte de polyuréthane. Le résultat est proche d'une peinture acrylique, d'une impression sur métal. Avec un sentiment d’urgence.