Des scientifiques découvrent comment Rembrandt donnait du relief à sa peinture

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 14/01/2019 à 09H07
Deux portraits de Rembrandt au Rijksmuseum d'Amsterdam. Un fragment de celui de gauche, celui de Marten Soolmans, a été analysé et a révélé la technique d'empâtement du peintre.

Deux portraits de Rembrandt au Rijksmuseum d'Amsterdam. Un fragment de celui de gauche, celui de Marten Soolmans, a été analysé et a révélé la technique d'empâtement du peintre.

© Jeroen Jumelet / DPA / DPA Picture Alliance / AFP

Des scientifiques ont réussi à percer le secret de la célèbre technique picturale "d'empâtement" utilisée au XVIIe Siècle par Rembrandt, qui permettait au peintre néerlandais de donner du relief à sa peinture, a révélé cette semaine le Synchrotron européen de Grenoble, qui a participé aux recherches.

Dirigées par le Rijksmuseum d'Amsterdam et le département des sciences des matériaux de l'Université de Delft, aux Pays-Bas, les recherches ont permis de découvrir l'ingrédient clé utilisé par Rembrandt pour appliquer cette technique visant à donner du relief à certaines parties de ses toiles.
 
"Les scientifiques ont démontré que l'ingrédient mystérieux dans l'effet d'empâtement était la 'plumbonacrite'. Il est extrêmement rare de trouver ce composé dans les peintures de cette époque", explique le Synchrotron européen de Grenoble, citant "Angewandte Chemie", la revue néerlandaise dans laquelle l'étude est récemment parue.
 
"Il a été détecté dans quelques échantillons de peintures du XXe siècle et dans un pigment (...) dégradé d'une peinture de Van Gogh", précise le centre européen de recherches scientifiques dans un communiqué.

Une synthèse volontaire

"Nos recherches montrent que sa présence n'est pas accidentelle, ni due à une contamination, mais qu'elle résulte d'une synthèse volontaire", souligne Victor Gonzalez, auteur de l'étude et chercheur au Rijksmuseum.
 
Les résultats ont été obtenus grâce au concours du Synchrotron de Grenoble, qui a analysé plusieurs échantillons de minuscules fragments du "Portrait de Marten Soolmans" (1634), de "Bathsheba" (1654) et de "Susanna" (1647), trois célèbres toiles de Rembrandt.
 
La technique "d'empâtement", dite "impasto", a permis à l'artiste d'ajouter une troisième dimension à ses oeuvres grâce à "l'étalement d'une couche de peinture épaisse posée sur la toile en quantité suffisamment importante pour la faire ressortir de la surface".

Les recherches se poursuivent

Au cours de précédentes recherches, les scientifiques avaient découvert que le peintre néerlandais avait obtenu son fameux "effet d'empâtement" en associant divers "matériaux disponibles sur le marché néerlandais du XVIIe Siècle", dont le "blanc au plomb" et des "liants organiques" tels l'huile de lin.
 
Des recherches se poursuivent actuellement sur d'autres chefs-d'oeuvre du peintre, et sur des toiles d'autres grands maîtres néerlandais comme Vermeer, pour vérifier si tous les "impasti" de l'époque contiennent de la plumbonacrite, et pour s'assurer que Rembrandt n'a pas utilisé d'autres "recettes".