De Pablo à Picasso, naissance d'un génie

Mis à jour le 17/09/2018 à 14H42, publié le 17/09/2018 à 11H59
Autoportrait de Picasso (détail) réalisé en 1901.

Autoportrait de Picasso (détail) réalisé en 1901.

© collection Musée Picasso, Paris

Comment et à quel moment un jeune homme dénommé Pablo Ruiz Picasso est-il devenu simplement Picasso, un peintre monstrueux de talent dont le génie a bouleversé l’histoire de l’art ? Alors qu’une exposition consacrée aux périodes bleue et rose de l’artiste s’ouvre au Musée d’Orsay à Paris, "Eclair de génie", la nouvelle série du 20h Week-end de France 2, ausculte les origines de la saga Picasso.

Fils d’un professeur de dessin, Picasso a été immergé dès son enfance dans un bain artistique. Mais ça ne suffit pas à justifier son incroyable talent et ce don que son père considérait comme unique. Il suffit de regarder les dessins qu’il a réalisés dès l’âge de 12 ans (et conservés au Musée Picasso à Paris) pour se rendre compte de sa maîtrise totale du dessin classique. A 14 ans, il réussit le concours d'entrée à l'école des Beaux-Arts de Barcelone où son père est en poste et sa virtuosité étonne tout le monde. Et ce sera le cas aussi quand, deux ans plus tard, il intègre l'Académie royale de Madrid. Pablo a 16 ans et c'est un prodige du dessin classique.

De Pablo à Picasso

Cette virtuosité va lui permettre de représenter son pays à la section espagnole de peinture de l'Exposition universelle à Paris. Quand il débarque dans la capitale en 1900 à l’âge de 19 ans, il signe encore ses tableaux "P.R. Picasso" pour "Pablo Ruiz Picasso". Un an plus tard, il devient Picasso pour de bon en signant un portrait de lui où il vieillit son visage pour montrer qu’il est un artiste affirmé, conscient que son art est important et qu’il va traverser le temps explique Claire Bernardi, Conservatrice au musée d’Orsay.

Reportage :  M. Berrurier / J-M. Lequertier / P. Aziza / P. Touileb / H. Possetto
Son premier éclair de génie (avec Picasso, il y en eut plusieurs !), c’est peut-être d’avoir associé une couleur aux états de son âme. Avec la période bleue, il rompt avec le classicisme et commence la série de toiles où il évoque la maladie, la pauvreté et la mort. Pour Claire Bernardi, "c’est la première fois qu’un artiste s’empare ainsi du bleu et en fait une couleur unique dans sa peinture". Ce cycle bleu va durer quatre ans avant de laisser place à la légèreté du rose, symbole d’amour, de gaieté et de fête avec la célèbre série des Saltimbanques.

Une rétrospective exceptionnelle

Pour retrouver ces fascinantes périodes de jeunesse qui ont précédé le chaos cubiste de Picasso, rendez-vous au Musée d’Orsay à Paris. Du 18 septembre au 6 janvier 2019, plus de 300 œuvres: 80 peintures et 150 dessins racontent ces cycles bleu et rose. Une exposition exceptionnelle qui a pu voir le jour grâce à des prêts exceptionnels venus du Museu Picasso de Barcelone, de musées américains, suisses, russes et de collections privées