Après Elne, le musée Rigaud de Perpignan à son tour victime de faussaires

Par Culturebox @Culturebox
Mis à jour le 06/05/2018 à 17H04, publié le 06/05/2018 à 17H02
Des détails repérés par un expert sur deux toiles attribuées à Augustin Hanicotte font penser à des faux.

Des détails repérés par un expert sur deux toiles attribuées à Augustin Hanicotte font penser à des faux.

© France 3 / Culturebox

Nouveau coup de tonnerre dans le monde de l’art dans les Pyrénées-Orientales. Moins de deux semaines après la révélation d’une vaste escroquerie au détriment du musée Etienne Terrus d’Elne, c’est au tour du musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan d’être victime de faussaires. Selon un expert, deux œuvres présentées par l’établissement dans le cadre d’une nouvelle exposition seraient des faux.

Reportage : A. Richard / P. De Leyritz / S. Bonnefond

https://videos.francetv.fr/video/NI_1230989@Culture

Y aurait-il quelque chose de pourri au royaume de l’art dans les Pyrénées-Orientales ? Experts et gendarmes commencent à se poser la question. Il y a quelques jours à Perpignan, le musée Hyacinthe Rigaud (du nom du grand portraitiste du 18e siècle) communique sur sa prochaine exposition consacrée à la "Côte vermeille" (19 mai - 12 novembre 2018). Pour illustrer l’événement, l’établissement publie sur son site les photos de deux tableaux signés Augustin Hanicotte, peintre fauviste qui a notamment beaucoup peint la ville de Collioure. Oui mais voilà, ces œuvres prêtées par un collectionneur privé seraient des faux. C’est en tout cas ce que pense l’historien d’art Eric Forcada, déjà à l’origine de la découverte l'été dernier des 82 faux Terrus au musée d’Elne (une affaire révélée fin avril).

Un réseau bien organisé de faussaires

Des détails grossiers, des couleurs criardes…Les deux Hanicotte ne seraient que de pâles imitations. Le musée et la ville de Perpignan qui refusent pour l’instant de communiquer sur ces soupçons, ont toutefois retiré les représentations des deux tableaux de leur site internet. Le directeur du musée Rigaud a, par ailleurs, ordonné une expertise de l’ensemble des collections. Cette nouvelle affaire confirme l’existence présumée d’un réseau de faussaires et d’intermédiaires peu scrupuleux dans un département parmi les plus riches en termes de peintres régionaux. Dans le dossier Terrus, une plainte a été déposée par le musée dont le préjudice est estimé à 160 000 euros.