Pokémon Go : tout ce qu'il faut savoir sur le jeu phénomène

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 14/07/2016 à 17H27
Le jeu "Pokémon Go" permet à ses utilisateurs de débusquer des Pokémons dans des lieux toujours plus innatendus

Le jeu "Pokémon Go" permet à ses utilisateurs de débusquer des Pokémons dans des lieux toujours plus innatendus

© Susann Prautsch / DPA / AFP

Impossible ces trois derniers jours d'éviter le sujet Pokémons, créatures nées il y a vingt ans au Japon et qui reviennent en force via une application révolutionnaire sur téléphone portable. Etat des lieux d'un jeu en réalité augmentée qui a pris le monde de court.

Pikachu, Bulbizarre, Rondoudou. Ça ne vous aura pas échappé, les Pokémons sont de retour, et il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu'ils risquent de nous occuper encore un petit moment. Lancé le 7 juillet aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande , le jeu "Pokémon Go" est devenu, en quelques jours, un véritable phénomène qui rend fou internet (ce n'est pas le premier article que vous lisez sur le sujet, pas la peine de faire semblant!) et l'une des applications les plus téléchargées sur Android. Mode d'emploi, histoire et dérives de cette application attendue officiellement pour très bientôt en France. 

Pokémon Go késako?

"Mais qu'est-ce que c'est que ce pastis?" aurait dit le personnage de Gérard Depardieu dans "Buffet froid" devant ce retour en trombe des Pokémons dont on avait, il faut l'avouer, un peu oublié l'existence. Nées au Japon dans les années 1990, ces petites créatures de manga aux noms étranges et à l'évolution facile viennent de retrouver une seconde jeunesse grâce à l'application pour smartphone "Pokémon Go". Pour l'heure, seuls les individus de la première génération (soit 150 sur 742) ont l'occasion de se faire capturer au coin d'une rue, sur le quai d'une station de tramway ou encore derrière le comptoir d'un bar. Car le principe du jeu est bien de capturer ces Pokémons fictifs dans un décor bien réel. Une technologie de réalité augmentée permise par la géolocalisation des téléphones, indispensable si vous comptez prochainement devenir le prochain grand dresseur de Pokémons. Pas de géolocalisation, pas de Papilusion!

Comment s'y prendre pour dresser mes Pokémons ?

Si votre premier Pokémon vous tombe dans les mains, il faudra redoubler d'efforts pour constituer une équipe digne de ce nom. Et surtout, se balader, la plupart des items du jeu se trouvant en extérieur. Parmi ces derniers on compte les Pokémons bien sûr, mais aussi des Pokéstops, sortes de repères stratégiques où peuvent se cacher une Pokéball (pour attraper un Pokémon) ou une potion (pour les guérir). Plusieurs niveaux jalonnent "Pokémons Go". Arrivé au cinquième, il est possible d'intégrer une équipe (bleu, jaune ou rouge) et de faire combattre ses Pokémons dans des arènes. Une activité à plein temps (ou presque) qui a déjà trouvé ses adeptes, chaque minute plus nombreux. 


Pari gagnant pour Nintendo

La sortie du jeu en Europe (sauf en Allemagne depuis hier) n'est pas encore officielle que Nintendo se frotte déjà les mains. Avec 7,5 millions de téléchargements en à peine cinq jours sur le sol américain, la vague Pokémon a de beaux jours de déferlement mondial devant elle. Les millions de dollars pleuvent. Car si le jeu est gratuit, les utilisateurs doivent mettre la main à la poche s'il veulent espérer accéder à certaines fonctionnalités. Le groupe japonais Nintendo a vu son action bondir de 16 % en clôture de la bourse de Tokyo ce 14 juillet. Pas mal quand on sait que le daron de Mario et de Zelda n'a pas développé lui-même le jeu, se limitant à soutenir sa filiale The Pokémon Company et le studio Niantic (filiale de Google, créée en 2010 par le concepteur de "Google Earth"). 


La nostalgie comme moteur

Débarqués en France en 1999, les Pokémons avaient alors envahi la société. Dessin animé, cartes, films, jeux vidéos etc. le phénomène avait été décliné sous mille et une formes jusqu'à devenir le sujet de conversation numéro un dans les cours d'école. Mais les enfants qui étaient en CM2 à l'époque (incollables sur l'évolution d'un Fantominus) ont grandi. Ils finissent aujourd'hui leurs études, travaillent, consomment, possèdent tous des tablettes, des smartphones. Bref, c'est d'abord cette tranche d'âge qu'ont voulu cibler les créateurs de "Pokémons Go", jouant la corde (classique) de la nostalgie.

https://videos.francetv.fr/video/NI_763455@Culture

Le choix de se limiter pour l'instant aux 150 premiers monstres de poche n'est pas dû au hasard. Quant aux générations suivantes, elles ne sont pas exclues du phénomène, la franchise Pokémon ayant réussi à rester plus ou moins attractive au fil du temps. "Attrapez-les tous!"

Des dérives constatées

Cet esprit bon enfant n'est toutefois pas exempt de dérives. Outre le risque d'accident avec des utilisateurs qui cherchent des Pokémons dans l'habitacle de leur voiture alors qu'ils sont au volant, on a pu déjà déplorer aux Etats-Unis des incidents liés à l'application (de type vol, altercation, agression, violation de propriété privée). "Nous encourageons toutes les personnes jouant à Pokemon Go à prendre conscience de leur environnement et à jouer avec des amis quand elles vont dans des endroits nouveaux ou peu familiers", ont réagi dans un communiqué les sociétés Pokemon Company International et Niantic. 

En Pologne, Pawel Sawicki, porte-parole du musée de l'ancien camp nazi allemand d'Auschwitz-Birkenau a demandé dans une lettre à Niantic à ces mêmes concepteurs de supprimer la géolocalisation du camp sur l'application. "Nous jugeons ce genre de pratiques déplacé", a-t-il indiqué à l'AFP. 'C'est ici que des milliers de gens ont souffert, des juifs, des Polonais, des Roms, des Russes et d'autres nations. Nous voulons sensibiliser d'une manière générale tous les producteurs de jeux au respect de la mémoire des victimes de ce plus grand camp de la mort nazi de la Seconde Guerre mondiale".

Une chasse aux Pokémons annulée à Paris

En France, rien de la sorte, même si la folie Pokémons a déjà commencé à franchir les frontières de l'Hexagone. Nombreux sont les amateurs astucieux à avoir déjà chargé l'animal sur leur smartphone. Une chasse géante aux Pokémons, prévue en ce jour de fête nationale dans les jardin du Luxembourg, a même déjà été annulée. Créée le 11 juillet sur le réseau social Facebook, la page de l'événement, destinée à l'origine à un petit groupe de personnes, s'est retrouvée finalement à comptabiliser plus de 3 500 participants. Son organisateur, dépassé par l'ampleur de l'événement, a annulé cette chasse Pokémons. D'autres événements du genre sont d'ores et déjà prévus dans plusieurs villes de France. En attendant, il est toujours possible de répertorier les Pokémons eau, feu, herbe, combat etc. sur cette carte collaborative. 


Un univers qui prévoit de s'étendre au cinéma

En 1998, "Mewtwo contre-attaque" marquait le début d'une série de dix-huit films Pokémons sortis sur grand écran. Et comme si cela ne suffisait pas, le site américain Deadline vient d'annoncer que Legendary Pictures souhaiterait prochainement adapter une nouvelle version en live action. 


Bonus : pour les impatients pas vraiment doués avec "l'internet" et qui voudraient télécharger l'application sur leur téléphone c'est par ici