L'artiste russe Piotr Pavlenski incendie une façade de la Banque de France

Par @Culturebox
Mis à jour le 16/10/2017 à 13H52, publié le 16/10/2017 à 13H48
Piotr Pavlenski et sa compagne Oksana Chaliguin à Paris (16 janvier 2017)

Piotr Pavlenski et sa compagne Oksana Chaliguin à Paris (16 janvier 2017)

© Martin Bureau / AFP

L'artiste russe Piotr Pavlenski, qui avait déjà incendié les portes du siège de l'ex-KGB à Moscou, a été placé en garde à vue avec sa compagne lundi matin après avoir mis le feu à la façade d'une succursale de la Banque de France à Paris, a-t-on appris de sources concordantes.

Vers 4h lundi matin, les sapeurs-pompiers de Paris sont intervenus place de la Bastille, pour "un feu de détritus en plein air d'origine criminelle, collé à la façade de la Banque de France qui s'est aussi enflammée", a expliqué un de leurs porte-parole.
 
Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux, l'artiste, crâne rasé et vêtu de noir, a enflammé les murs de la succursale et se tenait droit devant la porte.
 
L'artiste contestataire a été interpellé avec sa compagne Oksana Chaliguin. Ils ont été placés en garde à vue tous les deux pour "dégradation par incendie", selon la préfecture de police.

Piotr Pavlenski défie régulièrement le Kremlin

"Le sas de la Banque de France a été touché, sans impacter les systèmes de sécurité. Le bâtiment est toujours sécurisé", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la Banque de France. "La succursale ne sera pas ouverte jusqu'à nouvel ordre. La Banque de France ne pourra pas assurer ses services auprès des particuliers et des entreprises", a-t-il ajouté, précisant qu'une plainte serait déposée.
 
Piotr Pavlenski, qui défie régulièrement le Kremlin et affirme être menacé de dix ans de camp dans son pays sur de fausses accusations d'agression sexuelle, a obtenu au mois de mai avec sa compagne l'asile politique en France.
 
Agé de 33 ans, il s'est rendu célèbre pour avoir arrosé d'essence et incendié les portes du siège de l'ex-KGB et s'être cloué la peau des testicules sur les pavés de la place Rouge. Il s'était aussi cousu les lèvres en soutien aux Pussy Riot, un groupe de jeunes femmes condamnées à deux ans de camp pour avoir "profané" la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou au cours d'une "prière punk" qui critiquait ouvertement le président Vladimir Poutine.