VIDEO. COP 21: immergez-vous dans l’exposition "Climats artificiels"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 08/10/2015 à 19H23

https://videos.francetv.fr/video/NI_570378@Culture

Traverser un nuage artificiel, passer la tête dans des serres suspendues, contempler une Tour Eiffel dévorée par une végétation luxuriante: une exposition parisienne d'art contemporain invite à une rêverie poétique autour du changement climatique en écho à la COP21. Le travail de figures comme Yoko Ono, Tetsuo Kondo et Marina Abramovic est présenté parmi la trentaine d'oeuvres exposées.

La contemplation plutôt que la contestation

La conférence internationale sur le changement climatique (Cop 21) qui va se tenir à la fin de l'année à Paris, "va aborder la question du climat de façon politique, voire dramatique. J'ai souhaité faire un pas de côté en proposant une réflexion plus poétique", explique Camille Morineau, commissaire de l'exposition "Climats artificiels" (à l'Espace Fondation EDF).

Les oeuvres d'une vingtaine d'artistes contemporains d'horizons différents - dont la plasticienne japonaise Yoko Ono, son compatriote architecte Tetsuo Kondo ou la vidéaste française Rebecca Digne - ont été réunies pour cette exposition qui prend le parti de la contemplation plutôt que celui de la contestation.

Monumentales, utopistes, inquiétantes, drôles ou émouvantes, "elles permettent au spectateur une réflexion sur le climat de façon apaisée, presque zen", souligne Camille Morineau. Une zénitude qui n'a rien de stérile : il y a en effet selon elle "dans les voies détournées et discrètes, une force d’évocation qui peut être à l’origine d’une transformation."
Avec "Cloudscapes" de Tetsuo Kondo, le visiteur passe à travers un nuage artificiel.

Avec "Cloudscapes" de Tetsuo Kondo, le visiteur passe à travers un nuage artificiel.

© Testuo Kondo en partenariat avec Transsolar

Une déambulation en trois parties

Le cheminement à travers les installations est divisé en trois parties. Dans la première, "L'état du ciel", les artistes ont voulu "reproduire ou capter le climat". Elle est organisée autour de "Cloudscapes" (2012) de Tetsuo Kondo, immense cube transparent où le visiteur monte sur un escalier et passe à travers un nuage artificiel créé par la gestion des paramètres de température et de d'humidité.

"Sky TV" (1966), de Yoko Ono, est l'enregistrement de l'état du ciel et sa diffusion en direct sur un téléviseur, la veuve de John Lennon invitant le spectateur "à percevoir le ciel comme faisant partie de notre environnement à l'intérieur comme à l'extérieur".
Avec "Village Green" (2008), Vaughn Bell invite le visiteur à s'immerger tête la première dans une serre de poche.

Avec "Village Green" (2008), Vaughn Bell invite le visiteur à s'immerger tête la première dans une serre de poche.

© Vaughn Bell - Collection de l'artiste

"Equilibres précaires" et "Catastrophes ordinaires"

La deuxième partie, baptisée "Équilibres précaires", témoigne du caractère transitoire d'un environnement. Les oeuvres y passent d'un état à un autre, comme "Présage" (2013), de Hicham Berrada, une série d'aquariums où l'artiste a reproduit, à partir de produits chimiques, un écosystème qui évolue de façon aléatoire.

Autre approche, celle de Chris Morin-Eitner qui, dans ses photographies retravaillées, "Paris Jungle Tour Eiffel" (2010) ou "Paris Opéra Garnier Ballet" (2012), imagine ce que serait un univers urbain abandonné à la végétation.

La dernière partie, "Catastrophes ordinaires", invite "à une rêverie cauchemardesque" autour de phénomènes naturels ou artificiels. Exemple avec l'installation vidéo "Champs d'ozone" (2009), du collectif HeHe, qui utilise en temps réel les données d'Airparif pour les transposer sur des images de Paris. Résultat: un ciel qui vire du rouge au vert ou au bleu sans que l'on connaisse le sens de ces variations de couleurs.

Exposition "Climats artificiels"
Fondation EDF 6 rue Récamier Paris 7e
jusqu'au 28 février 2016


"Champs d'Ozone" du collectif HeHe (2007) utilise en temps réel les données d'Airparif.

"Champs d'Ozone" du collectif HeHe (2007) utilise en temps réel les données d'Airparif.

© HeHe - Fonds municipal d'art contemporain, Paris