Un morceau d'une repoussante "banquise de graisse" exposé à Londres

Par @Culturebox
Publié le 08/02/2018 à 16H11
Un morceau prélevé d'un "fatberg" découvert dans les égouts de Londres fin 2014...

Un morceau prélevé d'un "fatberg" découvert dans les égouts de Londres fin 2014...

© Adrian Dennis / AFP

À partir de vendredi, les curieux vont pouvoir découvrir un objet bien insolite et fort peu glamour en exposition dans la capitale britannique : un fragment d'une "banquise de graisse" ("fatberg") qui bouchait un égout de Londres...

Cette masse solide comme un roc, constituée de graisses et de lingettes jetées dans les toilettes, a été retrouvée dans des égouts dans l'est de Londres en septembre. Elle s'expose à partir de vendredi au Museum of London.

"Nos égouts sont menacés par une crise"

"La +banquise de graisse+ dit quelque chose de l'évolution de Londres", a expliqué Sharon Robinson-Calver, responsable de la conservation des collections au musée. "Aujourd'hui, nos égouts sont menacés par une crise : huit fois par heure, il y a un client de Thames Water (la compagnie des eaux, ndlr) qui subit un blocage causé par des déchets évacués par les canalisations ou qui y sont jetés mais ne devraient pas l'être."
Une employée du Musée de Londres observe, mi-dégoûtée, mi-amusée, un morceau congelé du "fatberg"... (8 février 2018)

Une employée du Musée de Londres observe, mi-dégoûtée, mi-amusée, un morceau congelé du "fatberg"... (8 février 2018)

© Daniel Leal-Olivas / AFP

Un "monstre" de 250 mètres de long, 130 tonnes...

Une population grandissante et des régimes plus riches en graisse ont conduit à ce problème, ainsi qu'un réseau datant en partie de l'époque victorienne, mais le monstre de 250 mètres de long et de 130 tonnes a choqué jusqu'aux égoutiers habitués à chasser ces "fatbergs".

"C'est un véritable monstre qui demande beaucoup de main-d'œuvre et de machines pour être enlevé", avait commenté à l'époque de son évacuation, Matt Rimmer, chef des réseaux déchets de Thames Water. "C'est comme essayer de briser du béton."

Une horreur et un "matériau dangereux"

Exposer cette horreur sous vitrine est un défi pour le musée car il s'agit d'"un matériau extrêmement dangereux, grouillant de bactéries et libérant de petites quantités de gaz toxiques", a déclaré Robinson-Calver. "L'échantillon que nous avons pris pourrait contenir des aiguilles hypodermiques, des préservatifs ou des matériaux sanitaires, et est certainement capable de propager des maladies".

> Un reportage AFP (en anglais) réalisé au moment de la neutralisation d'un "fatberg" en décembre 2014