Sophie Calle : une rétrospective en cinq étapes à Marseille

Mis à jour le 04/02/2019 à 18H23, publié le 03/02/2019 à 15H21
"Cinq" une rétrospective Sophie Calle à Marseille

"Cinq" une rétrospective Sophie Calle à Marseille

© PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

Marseille consacre une vaste rétrospective à Sophie Calle. Photos, installations, vidéos, les œuvres de la plasticienne prennent place dans cinq musées de la cité phocéenne jusqu'au 22 avril 2019. Un jeu de piste pour découvrir le travail éclectique et décalé de cette artiste inclassable.

Si vous vous passez par Marseille, cherchez bien ... vous trouverez peut-être un petit morceau de Sophie Calle. Tel un jeu de cache-cache, la cité phocéenne imagine un parcours en cinq étapes consacré à la plasticienne.

Reportage : M. Peleran / G. Carra / S. Baix

https://videos.francetv.fr/video/NI_1355153@Culture

Une vie, la mort, des oeuvres

L'amour, les ruptures, la vie ou la disparition, Sophie Calle plonge à corps perdu dans l'expérience du pathos. En émerge un matériau créatif débarrassé de toute sorte d'affects. A Marseille, elle présente une exposition autour de la mort de sa mère. "J'essaie de prendre une distance, je ne fais pas ce travail par souci thérapeutique mais pour faire des expositions ou des livres", explique-t-elle. 
"Après la mort de ma mère, j'ai trouvé cette girafe naturalisée, je l'ai prénommée Monique et je l'ai installée dans mon atelier" Sophie Calle

"Après la mort de ma mère, j'ai trouvé cette girafe naturalisée, je l'ai prénommée Monique et je l'ai installée dans mon atelier" Sophie Calle

© PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

En résulte un film d'une durée de onze minutes.  "Ma mère voulait mourir en écoutant un morceau de Mozart. Alors, au bout de ces onze minutes, quand il a bien fallu que je réalise qu’elle était morte, je lui ai mis Mozart.", confiait-elle dans un entretien à Paris-Match. 

Elle s’est appelée successivement Rachel, Monique, Szyndler, Calle, Pagliero, Gonthier, Sindler. Ma mère aimait qu’on parle d’elle. Sa vie n’apparaît pas dans mon travail. Ça l’agaçait. Quand j’ai posé ma caméra au pied du lit dans lequel elle agonisait, parce que je craignais qu’elle n’expire en mon absence, alors que je voulais être là pour entendre son dernier mot, elle s’est exclamée: “Enfin”.

Sophie Calle - "Rachel, Monique"
"Rachel Monique Sindler" - Sophie Calle

"Rachel Monique Sindler" - Sophie Calle

© France 3 / Culturebox

Cinq lieux emblématiques

Du palais des Beaux-arts au musée d'histoire naturelle, de la Vieille Charité au Musée de la Faïence à Borély, en passant par le Musée Grobet-Labadie, Sophie Calle laisse son empreinte très intime au détour des allées. On y voit un girafon naturalisé fièrement dressé, des photos de cimetière, des tableaux recouverts d'un rideau et des objets, des centaines d'objets chinés aux puces.
"Voir la mer" au château Borelly 

"Voir la mer" au château Borelly 

© PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP
Chaque lieu savamment scénographié par l'artiste, embarque le visiteur dans un univers qui, évidemment, casse les codes. Un parcours sans début ni fin, une sorte de jeu de pistes en cinq actes, en cinq musées.  


Sophie Calle - cinq à marseille jusqu'au 22 avril 2019

Plasticienne, photographe, écrivaine, réalisatrice de films, depuis 1970 Sophie Calle explore tous les territoires créatifs. Retenue en 2007 pour représenter la France à la Biennale de Venise, lauréate en 2010 du Prix international de la Fondation Hasselblad, Sophie Calle a exposé au MOMA de New York, à Montréal, à Santiago du Chili, Tokyo, Londres, Séoul, en Norvège, au Mexique, au Brésil,