Quand le New York Times ouvre ses pages aux illustrateurs alsaciens

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 04/02/2016 à 17H41
L'exposition resitue les dessins dans le contexte des articles publiés dans le New York Times 

L'exposition resitue les dessins dans le contexte des articles publiés dans le New York Times 

© France 3 Culturebox (capture vidéo)

Les illustrateurs français ont la cote outre-Atlantique : c’est ce que montre l’exposition "Fit to print" présentée au musée Tomi Ungerer à Strasbourg. Jusqu’au 10 avril, on y découvre les illustrations publiées au sein du célèbre journal New York Times. Au total, 120 dessins originaux de 17 artistes tous issus de la Haute Ecole des Arts du Rhin.

Sous le titre "Fit to print" (une expression qui signifie "(les nouvelles) bonnes à publier"), cette exposition réunit une sélection de 120 illustrations éditoriales réalisées entre 2012 et aujourd’hui par 17 étudiants diplômés de la Haute Ecole des Arts du Rhin (HEAR) de Strasbourg.

Ces dessins ont été commandés par Alexandra Zsigmond, directrice artistique de la rubrique "Opinion" au New York Times. C’est en lisant la revue d'illustration et de bande dessinée Nyctalope qu’elle a découvert le travail des illustrateurs strabourgeois ; une découverte qui a débouché sur un partenariat régulier entre le journal et les étudiants de l’HEAR. 

Une vraie reconnaissance pour ses étudiants quand on sait que chaque année, Alexandra Zsigmond commande près de 1500 œuvres originales dans le monde entier.

Reportage : O. Stephan / T. Sitter / S. Sturtzer

https://videos.francetv.fr/video/NI_620842@Culture

Expressivité et rapidité

Des illustrations "visuellement frappantes, conceptuellement fortes et techniquement élaborées" : voilà les qualités demandées par le New York Times aux dessins qui viennent enrichir sa rubrique "Opinion". Créée en 1970, elle aborde des sujets de société brûlants. Les délais imposés pour la réalisation des dessins sont courts : de 6h à 24h entre la commande et la livraison. Mais davantage de temps peut-être accordé : selon le sujet, l’artiste envoie cinq ou six croquis préparatoires par mail. Il a ensuite un jour ou deux pour envoyer la version finale scannée si l'idée a été au préalable validée.
Marine Rivoal, « Sexual Violence », 2014, dessin illustrant l’article Sexual Violence and Social Class paru dans The New York Times le 31 décembre 2014. Transfert d’encres et encre de Chine sur papier, 20× 16 cm. Pochoir et crayon.

Marine Rivoal, « Sexual Violence », 2014, dessin illustrant l’article Sexual Violence and Social Class paru dans The New York Times le 31 décembre 2014. Transfert d’encres et encre de Chine sur papier, 20× 16 cm. Pochoir et crayon.

© Marine Rivoal

Des univers particuliers

Baptiste Alchourroun, Alexis Beauclair, Fanny Blanc, Guillaume Chauchat, Quentin Duckit, Juliette Etrivert, Marion Fayolle, Caroline Gamon, Lucie Larousse, Antoine Maillard, Bénédicte Muller, Mayumi Otero, Margaux Othats, Eugène Riousse, Marine Rivoal, Simon Roussin et Raphael Urwiller. Ce sont les 17 illustrateurs qui ont collaboré avec le New York Times depuis 2012. L'exposition "Fit to print" permet de découvir leur travail pour le New York Times mais aussi leurs créations plus personnelles et ponctuelles qui prouvent qu'ils ne sont pas "que" des illustrateurs mais des artistes à part entière avec un univers qui leur est propre.
Mayumi Otero, sans titre, 2014, dessin illustrant l’article The Toxic Price of Prosperity, paru dans The New York Times le 27 avril 2014. Crayon et colorisation numérique 14,8 × 21 cm. Collection de l’artiste

Mayumi Otero, sans titre, 2014, dessin illustrant l’article The Toxic Price of Prosperity, paru dans The New York Times le 27 avril 2014. Crayon et colorisation numérique 14,8 × 21 cm. Collection de l’artiste

© Mayumi Otero

Dans les pas de Tomi Ungerer

Le choix du musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration à Strasbourg n'est pas un hasard : dans les années 1950, Tomi Ungerer a fréquenté la section «graphisme publicitaire» à l’École des arts décoratifs de Strasbourg (devenue en 2011 l’HEAR). Quelques années plus tard, le New York Times lui a commandé une grosse campagne, une des plus ambitieuses qui aient jamais été commandées à un artiste. L’artiste avait alors à l’époque réalisée 24 affiches de grand format diffusées dans les rues et le métro de New York et en insertions publicitaires dans la presse, parfaites illustrations de son talent, mélange de provocation, d’ironie et de poésie.
Antoine Maillard, « Cruelty to Animals », 2015, dessin illustrant l’article Outrage: Cruelty at a U.S. Meat Lab paru dans The New York Times le 23 janvier 2015. Crayon graphite sur papier, 17,3 × 14 cm. Collection de l’artiste 

Antoine Maillard, « Cruelty to Animals », 2015, dessin illustrant l’article Outrage: Cruelty at a U.S. Meat Lab paru dans The New York Times le 23 janvier 2015. Crayon graphite sur papier, 17,3 × 14 cm. Collection de l’artiste 

© Antoine Maillard