Le minimalisme de François Morellet au Couvent "Le Corbusier" de la Tourette.

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/10/2009 à 10H56
Le minimalisme de François Morellet au Couvent "Le Corbusier" de la Tourette.

Le minimalisme de François Morellet au Couvent "Le Corbusier" de la Tourette.

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A l'occasion du cinquantenaire du couvent de la Tourette à Eveux au nord-ouest de Lyon, les frères dominicains ont voulu rendre hommage au concepteur du lieu qui n'est autre que Le Corbusier. Pour cela, ils ont fait appel à François Morellet, un artiste contemporain dont les toiles et les sculptures dépouillées font écho à l'architecture du couvent. Ses oeuvres sont visibles jusqu'au 8 novembre 2009.

Même si les lignes très épurées de l'architecture de Le Corbusier intègrent parfaitement celles des oeuvres de François Morellet, on peut quand même s'interroger sur la place de cet artiste dans un lieu aussi chargé de spiritualité. Car cet homme de 83 ans a toujours refusé de se laisser aller à la subjectivité et pour lui, l'art ne doit pas être un reflet de l'âme. Dès ses débuts (autodidactes), il refuse ce qui est alors "à la mode" : l'Ecole de Paris et l'abstraction lyrique. François Morellet est à la recherche du geste minimal : " J'ai toujours été intéressé par l'idée qu'une oeuvre doit être conçue avant d'être exécutée, puis exécutée d'une façon précise et neutre". En 1961, il crée avec cinq autres artistes le GRAV, le Groupe de Recherche Art Visuel, qui veut donner "un sens social à la géométrie" avec des oeuvres dans lesquelles le public peut intervenir. A partir de 1963, il se servira de la lumière électrique et du néon pour illustrer sa démarche. Il aime plus que tout s'imposer des règles, des contraintes pour encadrer la réalisation d'une oeuvre : "J'apprécie cette règle du jeu qui limite le pouvoir de décision et de subjectivité de l'auteur". Ce qui l'intéresse, c'est non pas l'oeuvre mais le geste et la dérision qu'il peut y mettre. Si son art est déroutant pour ceux qui sont à la recherche d'une émotion picturale, il se marie par contre parfaitement à l'architecture. Dans ce domaine l'artiste a d'ailleurs réalisé plusieurs travaux, comme ce fut le cas à Rennes en 1989 dans une oeuvre intitulée "La ligne et le point du jour".

 Un livre a été édité à l'occasion de cet anniversaire exposition : "La Tourette : le cinquantenaire" aux éditions Bernard Chauveau
En octobre 2008 France 3 Alsace a rencontré François Morellet lorsqu'il exposait au musée Würth d'Erstein