La photographe Christine Spengler : des zones de guerre aux "Ex-Votos"

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/04/2017 à 11H56, publié le 18/04/2017 à 16H33
Christine Spengler, ancienne photographe de guerre présente ses photomontages à la galerie Anne Clergue de Arles lors de l'exposition "Ex-Votos"

Christine Spengler, ancienne photographe de guerre présente ses photomontages à la galerie Anne Clergue de Arles lors de l'exposition "Ex-Votos"

© France 3 / Culturebox

La galerie Anne Clergue, à Arles, accueille du 15 avril au 24 juin l’exposition "Ex-Votos" de l’ancienne photographe de guerre Christine Spengler. La plasticienne présente ses photomontages, des ex-votos inspirés de son enfance, mais aussi de sa vie de photographe, marquée par l’horreur et le sang.

Christine Spingler, née en 1945, a vécu à Madrid. Sa mère était une artiste surréaliste. En 1970 elle part au Tchad où elle réalise son premier cliché de guerre, elle n'a que 25 ans. Elle ne quittera son appareil photo qu’une quarantaine d’années plus tard, après avoir couvert la plupart des conflits contemporains, du Vietnam, au Cambodge, en passant par l’Irak, l’Iran, le Salvador, le Rwanda ou encore le Kosovo.
"La Cupletista, Nina Walkyria", Madrid, 1988, exposée à la galerie Anne Clergue à Arles

"La Cupletista, Nina Walkyria", Madrid, 1988, exposée à la galerie Anne Clergue à Arles

© Christine Spengler

Des clichés en noir et blanc…

Les clichés de Christine Spengler sont en noir et blanc. Elle y dénonce le grotesque des horreurs de la guerre. Nommée en 2007 Chevalier des Arts et des Lettres, elle a reçu en 2009 la légion d’honneur, en plus de nombreux prix de photographies.

Reportage : H.Bouyé, V.Danger, C.Heeregods,B.Carapic

https://videos.francetv.fr/video/NI_969879@Culture


Aujourd’hui, Christine Spengler se consacre à sa vie de plasticienne. Inspirée par sa mère, elle a toujours été fascinée par l’univers de la tauromachie. "La différence entre nous, les correspondants de guerre et les toréros, c’est que eux affrontent la mort dans un lieu précis et une heure précise à 'la cinco de la tarde', tandis que nous, la mort nous guette dès l’instant où on arrive en Afghanistan, jusqu’à la dernière minute de notre retour", précise-t-elle.
"Macarena", Madrid, 1988, exposée à la galerie Anne Clergue à Arles

"Macarena", Madrid, 1988, exposée à la galerie Anne Clergue à Arles

© Christine Spengler

… mais des photomontages en couleurs

Comme un contraste avec son travail de photographe, les photomontages de Christine Spengler regorgent de couleurs éclatantes. Le rouge, notamment, est très présent dans son œuvre. Comme elle l’explique, c’est le sang qu’elle a vu tant de fois lors des conflits qu’elle a vécus. Plus que l’art pour l’art, elle tente à travers ses photomontages de créer un lien entre elle et les personnes disparues : "Avec ces photomontages oniriques et colorés, j’ai cru trouver le moyen d’abolir la barrière entre les vivants et les morts." L’art, comme palliatif au manque des êtres chers.
"José Claro, Pepete", Madrid, 1988, exposé à la galerie Anne Clergue à Arles

"José Claro, Pepete", Madrid, 1988, exposé à la galerie Anne Clergue à Arles

© Christine Spengler

Une passion née de bonnes intentions

C’est grâce à ses voisins, aux commerçants de son quartier ou aux gens qu’elle côtoyait à Madrid, qu’elle a commencé à décorer ses ex-votos. "Parce qu’ils savaient que je partais en Irak, en Iran ou au Kosovo, ils me glissaient dans mon sac de photographe quelques petites images pieuses qu’après, moi, j’enluminais", raconte-telle, émue. Inéluctablement, elle lie ce qui a rythmé toute sa vie : son éducation, sa culture, les conflits qu’elle a vécus. Avec de nouvelles photos, naîtront de nouveaux ex-votos.