L'univers post-apocalyptique de Guido Buzzelli à Angoulême

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 22/10/2013 à 17H05
Buzzelli - angouleme © France 3 Culturebox

Il était surnommé « le Michel-Ange des monstres ». Le dessinateur italien Guido Buzzelli (1927-1992) est à l’honneur au Musée de la bande dessinée à Angoulême (24 octobre - 5 janvier 2014). L’occasion de (re)découvrir un artiste qui influença fortement ses pairs dans les années 70, avec son univers post-apocalyptique. Et pourtant, ses albums sont désormais introuvables en France.

Reportage : Jérôme Deboeuf, Christophe Guinot, William Sabas

https://videos.francetv.fr/video/NI_139403@Culture

Il suffit de surfer sur internet et les forums pour réaliser à quel point Guido Buzzelli a marqué son époque, ce qui rend encore plus inexplicable le quasi oubli dans lequel il est tombé, notamment auprès des éditeurs.

Fils d’un peintre et d’une mère modèle, Guido Buzzelli naît à Rome en 1927. Il fera ses débuts comme caricaturiste à l’âge de 18 ans dans le journal "Argentovivo", puis il se spécialisera dans l’illustration de couvertures de fascicules de BD dans les années 50. Après avoir dessiné des récits de guerre pour l’Angleterre, il laisse de côté la BD pour se consacrer à la peinture. C’est d’ailleurs une des ses expositions consacrées à la violence qui le fait revenir en 1966 vers le 9e art en lui inspirant  « La révolte des ratés ». L’album, qui montre une société dans laquelle les laids sont asservis tandis que les beaux ont la belle vie, connaît un succès d’estime.
Une planche extraite de "La révoltes des ratés"

Une planche extraite de "La révoltes des ratés"

© Guido Buzzelli
Publié en Italie en 1967, c’est là que Wolinski le découvre, conquis : « C'est une bande dessinée comme un dessinateur en fait une fois dans sa vie ». Le dessinateur satirique français la fera publier en 1970 dans "Charlie Mensuel".

C’est d’ailleurs en France que Buzzelli connaîtra le plus de succès. Il sera publié dans plusieurs revues : "Métal Hurlant", "Pilote", "Circus", "L’Echo des savanes"…Suivront des séries comme « Labyrinthes » et « Zil Zelub » (1972 – Editions du Square), puis « HP » (1974 avec Alexis Kostandi). C‘est l’une des séries les plus marquantes de Buzzelli où son style s’épanouit pleinement : trait puissant et univers post-apocalyptique peuplé d’êtres souvent difformes. Conscient de la valeur de cette oeuvre, le Musée de la bande dessinée d’Angoulême a acquis en 2012 la totalité des planches originales de "HP", exposées à compter du 24 octobre.
Une planche de "HP"

Une planche de "HP"

© Guido Buzzelli
Pour résumer l'art de Guido Buzzelli, il faut encore citer Wolinski : « Buzzelli est tout seul dans son genre. Ça le rend fier, triste et angoissé. Il a toujours peur de ne pas y arriver, de se réveiller un matin et de ne plus être Buzzelli. Ça lui donne des cauchemars, alors il dessine ses cauchemars et c'est du Buzzelli. C'est pas plus difficile que ça d'être un grand dessinateur de B.D. Essayez et vous verrez. » Guido Buzzelli est mort à Rome le 25 janvier 1992.
Un portrait de Guzzelli par Graziano Origa (1993)

Un portrait de Guzzelli par Graziano Origa (1993)

© Graziano Origa
"HP de Guido Buzzelli" au musée de la bande dessinée à Angoulême du 24 octobre au 5 janvier 2014
Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h samedi, dimanche et jours fériés de 14h à 18h