Exposition "Lip 73" : il y a quarante ans le combat des ouvriers de Besançon

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/10/2013 à 12H26
Manifestation de soutien aux travailleurs de Lip à Besançon © ARCHIVES AFP

C'était il y a quarante ans. Les ouvriers de Lip, à Besançon, étaient en plein lutte. Un combat pour éviter des suppressions d'emploi et un gel des salaires qui va durer plusieurs mois. Une exposition rappelle ces évènements au Fort Griffon à Besançon. Elle rassemble des objets de l'époque et des paroles de personnes engagées dans le conflit.

Reportage Sébastien Poirier, David Martin, Bérénice Rouch :

https://videos.francetv.fr/video/NI_138831@Culture

Cinq ans après mai 68 il plane encore un vent de possibles dans le monde ouvrier. C'est alors que la direction de Lip, entreprise horlogère de Besançon, annonce un plan de suppressions d'emplois et un gel des salaires. Les syndicats commencent par proposer une grève partielle, puis les machines sont arrêtées. L'équipe dirigeante est séquestrée, l'usine occupée. Mais il va bien falloir survivre. C'est alors que les ouvriers s'emparent de la production, la cachent, et remettent les machines en route. Il s'agit de produire et vendre popur obtenir "un salaire de survie".
Lip, une idée d'autogestion © AFP
"C'est possible, on fabrique, on vend, on se paie". Un slogan qui symbolise cette tentative d'autogestion. Elle est un succès. les ventes de montres explosent. En 6 semaines, les employés grévistes récoltent l'équivalent de 6 mois d'activité ordinaire. La popularité de ce combat devient telle qu'une marche nationale de soutien est organisée en direction de Besançon. Malgré une pluie battante, 100 000 personnes y participent.
Des ouvrières vendent des montres © DANIEL JANIN / ARCHIVES AFP / AFP


Les politiques menacent les ouvriers. "Lip, c'est fini" assène le premier ministre Pierre Messner. Finallement tout le monde revient à la table des négociations, les salariés obtiennent des réembauches, ils sont considérés comme victorieux. 
L'histoire ne s'arrêtera pas là, on dit que Valéry Giscard d'Estaing n'aurait pas accepté l'issue du bras de fer et aurait décidé de punir les ouvriers. Toujours est il qu'à nouveau en 1976 l'entreprise se retrouve en situation de dépôt de bilan.