Les morts-vivants envahissent Strasbourg avec la "Zombie Walk"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/09/2015 à 11H49
Des participants à la "Zombie Walk" de Strasbourg le 19 septembre 2015.

Des participants à la "Zombie Walk" de Strasbourg le 19 septembre 2015.

© Frederick Florin / AFP

Blessures purulentes, visages livides et flots de sang factice: une horde de 5.000 "morts-vivants" a défilé samedi dans les rues de Strasbourg, dans un joyeux carnaval gore. Cette "zombie walk", présentée par ses organisateurs comme la plus grande du genre en France, se déroulait en parallèle au festival du film fantastique qui se tient dans la capitale alsacienne jusqu'au 27 septembre.

"On veut jouer à se faire peur, comme les enfants", a expliqué Daniel Cohen, organisateur de cette 7e édition, à laquelle ont pris part un millier de monstres de plus que l'an dernier.

Reportage I.Michel, V.Roy et C.Biehler

https://videos.francetv.fr/video/NI_487521@Culture


"Un évènement décalé"

"C'est un événement décalé, rigolo, qui permet aux amoureux du cinéma fantastique de s'éclater dans une bonne ambiance", ajoute M. Cohen, par ailleurs directeur artistique du Festival du film fantastique de Strasbourg, qui s'est ouvert vendredi avec le réalisateur Joe Dante ('Gremlins") en invité d'honneur (voir son interview sur France 3 Alsace). 

"Le zombie est une création du bestiaire fantastique qui revient à la mode", assure l'organisateur. Avant que les mort-vivants ne s'élancent à travers les rues, une centaine de maquilleuses leur ont offert gracieusement leurs services pour créer plaies, cicatrices et blessures en tout genre.

"On met un peu de tout pour que ça fasse bien dégueulasse, et ensuite on met un peu de sang comme si (le zombie) avait dévoré un animal sauvage, et puis en général ça ne peut pas être loupé", explique posément l'une d'elles.

"C'est cool d'être mort"

Parmi les momies et autres chirurgiens balafrés, un monstre au visage putréfié harangue la foule. "Si t'es fier d'être un zombie, tape dans tes mains !" ordonne-t-il, juché sur une charrette-corbillard, une (fausse) tronçonneuse à la main.

La plupart des participants rient de bon coeur en arpentant les rues, mais certains savent reprendre leur sérieux lorsqu'il s'agit d'évoquer leur nouvelle vie de mort-vivant. Même les plus jeunes prennent la chose à coeur: "C'est cool d'être mort car on peut faire ce qu'on veut, on vit sa vie...", philosophe Eléonore, 12 ans.

En fin de parcours, les monstres prennent leur élan dans un spectaculaire "lâcher de zombies"... jusqu'à la buvette. Le concert final est brièvement gâché par la pluie, mais "ce n'est pas très grave, car les zombies sont dégoulinants de toute façon", souligne M. Cohen.

La mode des "zombie walks", apparue il y a une dizaine d'années en Amérique du Nord, a gagné ensuite l'Europe, et notamment la France (des défilés ont eu lieu à Lyon, Paris, Nantes, Bordeaux...) En octobre 2014, une marche des zombies avait été interdite à Lille, la municipalité estimant qu'il s'agissait "d'un spectacle pouvant poser problème pour les plus jeunes".