Lee Ufan, Hokusaï... "Japonismes 2018" : plongez dans l’esthétique japonaise avec l'exposition Fukami

Mis à jour le 09/08/2018 à 11H44, publié le 09/08/2018 à 10H21
Les nuages de Kohei Nawa, "Foam", s’élèvent jusqu’à quatre mètres de haut

Les nuages de Kohei Nawa, "Foam", s’élèvent jusqu’à quatre mètres de haut

© Graziella Antonini

Présentée dans le cadre de la manifestation "Japonismes 2018", l’exposition "Fukami" propose un voyage dans 5 000 ans d'histoire de l'art japonais. D'hier à aujourd'hui, l'esthétique de ce pays puise dans la fragilité des choses et dans l'omniprésence de la nature. L'exposition est à voir l’Hôtel Salomon de Rothschild dans le VIIIe arrondissement de Paris jusqu'au 21 août 2018.

Tradition et modernité, flou et forme, fragilité et éternité, l’esthétique japonaise cultive l’art de la coexistence des opposés. Présentée dans l’Hôtel Salomon de Rothschild, l'exposition "Fukami" est un voyage au cœur l’Empire du Soleil Levant. Une centaine d'œuvres traditionnelles ou contemporaines dialoguent et portent un nouveau regard sur l'esthétique japonaise. Lee Ufan, Shinji Omaki, Hokusaï, mais aussi des pièces datant du XVIIe siècle, la déambulation thématique permet de parcourir tout l'archipel à travers les siècles.  

Reportage : France 3 Paris Île-de-France - B. Lopez / P. Pachoud / P. Noublanche

https://videos.francetv.fr/video/NI_1275117@Culture

"Fukami" qui signifie "profondeur" est une invitation à aller au coeur des choses pour mieux comprendre la culture artistique de cet archipel d’Extrême-Orient", explique Yuko Hasegawa, la Commissaire de l'exposition

Une île fragilisée par les éléments

Frappé par les séismes et les désordres climatiques, l'archipel d’Extrême-Orient porte en lui l'idée même de fragilité. L'œuvre de Lee Ufan, qui habite une salle entière de l'immeuble, évoque cette impermanence de la terre. Des plaques d'ardoise instables jonchent le sol. L'artiste coréen très proche du mouvement de l'arte povera, invite le visiteur à la contemplation comme dans un jardin zen. C'est aussi une réflexion de la place de la nature dans l’art. Cette œuvre monumentale rappelle celles du mouvement wabi-sabi qui consiste à se libérer du superflu, expliquait encore la spécialiste dans un entretien au Point. 
Les ardoises mouvantes de Lee Ufan 

Les ardoises mouvantes de Lee Ufan 

© Graziella Antonini

L'impermanence du temps

L'artiste Shinji Omaki a créé pour la manifestation "Japonismes" une œuvre éphémère qui s'efface au fil des jours. Réalisée avec des pigments naturels et des techniques de la peinture traditionnelle, l'installation évoque la beauté dans sa fragilité.  
Shinji Omaki

Shinji Omaki

© Graziella Antonini
"Accepter la mort et la fragilité de nos corps, c'est affirmer cette beauté," souligne encore Yuko Hasegawa. L'impermanence de l'être est aussi abordée dans une vidéo qui raconte la disparition des Aïnous, cette ethnie originaire d'Hokkaido. 
Les Aïnous - 1904

Les Aïnous - 1904

© Wikimedia Commons

L'Homme et la nature

Au Japon, le lien avec la nature est toujours présent, sous-jacent ou évident. A la manière des croyances animistes, considérant que toute chose est dotée d'un esprit, les Japonais les font perdurer avec l'animation et le manga.
Isson Tanaka

Isson Tanaka

© Graziella Antonini
Cette exposition propose une réflexion sur la vie et sur notre rapport à la nature. "Les humains sont une partie de la nature, il n'y a pas de compétition, il faut vivre avec la nature", précise Tomoaki Shimane, Vice-président de la Maison de la culture du Japon à Paris. A ce titre, les peintures d’Isson Tanaka s’inspirent essentiellement de la nature. La puissance des éléments est aussi abordée dans les photos en noir et blanc de Sugimoto et la célèbre vague d'Hokusaï
"La vague" d'Hokusaï

"La vague" d'Hokusaï

© France 3 / Culturebox
Certaines pièces rares, de la période "Jômon", qui datent de 15 000 ans proviennent de la province du Tōhoku, dans le nord-est du Japon.