Le plasticien Bernard Brillanti peint une falaise en bleu : 3000 euros d'amende avec sursis

Publié le 03/07/2018 à 18H27
Oeuvre de l'artiste Bernard Brillanti

Oeuvre de l'artiste Bernard Brillanti

© Capture d'écran (France 3)

En pleine nature, il avait peint une barre rocheuse en bleu : un artiste plasticien a été condamné, mardi, par le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) à une amende de 3000 euros avec sursis.

Le parquet, dénonçant une "atteinte au patrimoine écologique" et une dégradation dans un site classé à Vitrolles, avait requis une telle amende, mais avec un sursis couvrant seulement la moitié de la somme. "Vous n'avez n'a pas fait de l'art, vous avez pollué esthétiquement, pollué environnementalement", l'a accusé le procureur Rémi Avon, évoquant les micro-particules de peinture appelées à migrer dans la nappe phréatique.

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Sur le plateau de l'Arbois, un site classé depuis avril 2017

A la barre, Bernard Brillanti, 49 ans, a défendu son "oeuvre d'art", 30 mètres carrés de falaise et un bosquet d'arbres recouverts d'un bleu vif. "Je voulais créer un débat sur la Toile, entre un fake et une info avérée", s'est-il expliqué. En postant sa photo sur son compte Instagram et en livrant les coordonnées GPS de la falaise bleue, l'artiste entendait susciter "une réflexion sur la photographie, à savoir si elle est un original ou un photoshop".
Falaise vitrolles avant © France 3 / Culturebox
La falaise peinte à l'aide de nombreuses bombes de peinture acrylique se trouvait à trois quarts d'heure de marche d'une route sur le plateau de l'Arbois, un site classé depuis avril 2017.Bernard Brillanti, qui devra également verser un euro de dommages et intérêts à la Ligue de protection des oiseaux, partie civile au titre de sa mission de conservation des paysages, s'est revendiqué comme un disciple du "land art". Il s'est proposé pour "nettoyer ce qui resterait de la peinture" sur les limons de couleur saumon qui ont été recouverts. "Il s'agit d'une démarche artistique sans élément intentionnel de commettre un délit. C'est éphémère, dans six mois la nature aura retrouvé ses droits", a plaidé son avocat Me Bernard Aubrespy.