Comment se construit la cote des artistes sur le marché de l'art contemporain ?

Mis à jour le 24/10/2018 à 12H07, publié le 08/10/2018 à 18H06
"La fille au ballon" de Banksy s'auto-détruit à Londres le 05/10/18

"La fille au ballon" de Banksy s'auto-détruit à Londres le 05/10/18

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

Le moment de l'étonnement étant passé, le coup d'éclat du street-artiste Banksy à Londres le 5 octobre dernier pose plusieurs questions. Certains experts estiment que sa toile qui s'est auto-détruite pendant une vente aux enchères chez Sotheby's a déjà doublé de valeur. Et d'autres s'interrogent sur des complicités. Une autre question se pose : comment sont cotés les artistes contemporains ?

Qui décide de la valeur d'une oeuvre et quels artistes contemporains sont les mieux cotés ? Les réseaux sociaux, le rôle des salles des ventes et le nombre croissant de particuliers très riches et avides de posséder ce qui est le plus en vogue sont des éléments importants dans le marché de l'art actuel. 

Reportage : V. Gaget / A. Boquet / E. Delevoye / F. Dumont

Ce qui s'est passé chez Sotheby's à Londres avec le tableau de Banksy est à la fois un coup de théâtre et une première dans l'histoire de l'art. Un tableau qui s'auto-détruit juste après avoir été adjugé à plus de un million d'euros. Un coup de génie de l'artiste britannique qui critique souvent le marché de l'art ou un coup de marketing orchestré de main de maître ? On ne le sait pas mais certains sont déjà persuadés que la maison d'enchères était au courant, même si elle dément, tout comme l'acheteur. D'autres témoins affirment avoir vu un mystérieux homme avec un chapeau, qui pourrait être Banksy lui-même, autour de la salle des ventes et pensent qu'il a déclenché le dispositif qui a déchiqueté l'oeuvre à distance. La seule chose que l'on sait, c'est que Banksy a fait énormément parler de lui et que la valeur de son tableau a déjà doublé selon les experts. Car la vidéo de ce coup d'éclat a été vue des millions de fois sur les réseaux sociaux. Et aujourd'hui, les réseaux sociaux font en partie la cote des artistes contemporains. "Tous ces artistes-là utilisent les réseaux sociaux. Et ils ont tous des centaines de milliers voir des millions de fans sur les réseaux. Il y a donc une espèce de tri naturel qui se fait sur le net et qui va élire qui sont les meilleurs artistes du monde dans ce mouvement" explique Mehdi Ben Cheikh, directeur de la galerie Itinérrance à Paris. 

Le poids des salles des ventes 

Pour être vu et reconnu, il faut que ces artistes soient présents dan les grands événements liés à l'art contemporain, comme la Fiac à Paris. Et il faut surtout que leurs oeuvres passent par des salles des ventes de prestige, comme Sotheby's, Christie's et Phillips, 3 maisons anglo-saxonnes qui dominent aujourd'hui le secteur. Et les enchères fixent la valeur d'un artiste. Exemple en 2017 avec un tableau de Jean-Michel Basquiat adjugé 110 millions de dollars. 

Les millionnaires en redemandent

Il y a de plus en plus de super-riches dans le monde, et notamment dans des pays comme la Chine ou l'Inde où les nouveaux millionnaires voir milliardaires veulent acquérir des oeuvres d'art. "Tout le monde veut avoir un Banksy. C'est l'offre et la demande. A un moment, il y a tellement de gens qui veulent l'oeuvre, qu'elle explose en terme de coût" explique Fabrice Bousteau, rédacteur en chef de Beaux-Arts magazine. Un marché comme un autre, qui évolue avec les nouvelles pratiques et qui a ces zones d'ombre.