"Voyages avec ma tante" : la vieillesse, un drôle de périple

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/04/2015 à 17H27
Voyages avec ma tante4 © François Berthier

Quatre comédiens, une vingtaine de rôle et un seul décor pour partir à Paris, Londres, Istanbul ou Buenos Aires : l'adaptation du roman de Graham Greene par Nicolas Briançon à la Pépinière théâtre peint un portrait vivant et joyeux de deux retraités anglais que rien, sinon les liens du sang, ne rapproche.

Sa passion : les dahlias. Sa principale préoccupation : une tondeuse à gazon, qu'il craint d'avoir oubliée sous la pluie. Henry Pulling est un vieux garçon à la retraite, il trouve le temps long. Quand sa mère décède, il goute "un brin de piquant nullement déplaisant". C'est à ces funérailles qu'il fait la connaissance de sa tante Augusta, vieille dame excentrique aux cheveux rouge flamboyants. Cette parente au passé trouble parvient convaincre son neveu de la suivre dans ses aventures haletantes, où à chaque instant, la mort ou la prison menacent. Comme elle le dit avec délectation : "J'aime être au cœur de la perdition !".
Sur la scène, quatre comédiens jouent la vingtaine de personnages du roman de Graham Greene.
 
Le jeu du chapeau
 
C'est un grand terrain de jeu pour personnes retraitées où celui qui prend le chapeau hérite du rôle principal. Mais s'il l'enlève, il peut alors devenir tante Augusta, un de ses amants, être le bruiteur d'un taxi sonore que quatre chaises figurent ou même…un perroquet.

Dans l'histoire aussi, les personnages se mélangent et s'influencent : tante Augusta gagne en stabilité et Henry, d'abord forcé par la politesse et sa faible personnalité, finit par suivre sa tante avec enthousiasme, goûte aux joies de l'amour et du danger. On passe de la narration (tirée du roman) au dialogue (pour le théâtre) avec le même naturel et la même fluidité que l'on passe d'un pays à l'autre : sur un wagon peint au fond du plateau, les images projetées dans les fenêtres changent.
 
Cet homme distingué, qui se confronte avec surprise à ce que la réalité a de vulgaire et de brutal à lui offrir, a quelque chose de très anglais.
 
Si parfois le ton est un peu caricatural, les personnages sont pourtant largement inspirés des expériences de Graham Greene. L'auteur, reprenant l'expression d'un critique reconnaît que son roman est écrit "comme un rire au bord du gouffre", qui parle avec drôlerie de la vieillesse et de la mort qui rode.
Voyages avec ma tante, affiche du spectacle

Voyages avec ma tante, affiche du spectacle

© Théâtre Pépinière
"Voyages avec ma tante", au théâtre La Pépinière 
Adaptation et mise en scène de Nicolas Briançon, avec Claude Aufaure, Jean-Claude Bordes, Dominique Daguier et Pierre-Alain Leleu.
7 rue Louis Le Grand, Paris IIe
Tél : 01 42 61 44 16

Du mardi au samedi à 19 h. Durée : 1h25