Une décision de justice compromet sérieusement la tenue des Molières

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 14/03/2012 à 15H04
Les Molières 2010, présidés par Line Renaud, à la Maison des Arts et de la culture de Créteil (Val-de-Marne)

Les Molières 2010, présidés par Line Renaud, à la Maison des Arts et de la culture de Créteil (Val-de-Marne)

© Fred Dufour / AFP

La cérémonie des Molières prévue le 2 avril et boycottée par une partie des directeurs de théâtres semble définitivement compromise après une décision de justice qui suspend le scrutin des nominations.

Le tribunal de grande instance de Paris, saisi par plusieurs directeurs de théâtres privés, a décidé de suspendre pour irrégularité le scrutin du premier tour organisé par l'association qui gère les Molières. Ces directeurs avaient signé un appel à tourner la page des Molières dans leur forme actuelle.

Selon eux, aux termes de cette décision de justice rendue le 9 mars, il n’y aura «aucune proclamation des résultats du scrutin clos le 5 mars 2012». Il est en outre procédé à la «séquestration des bulletins par un huissier de justice jusqu’à ce qu’un accord intervienne entre les parties» en conflit.

La décision du tribunal repose sur un défaut de publication de la liste des membres du jury.

En novembre, 29 directeurs de théâtres privés sur un total d’une cinquantaine de salles à Paris avaient annoncé leur retrait des Molières, cérémonie qui récompense chaque année au printemps les professionnels du théâtre. Ils souhaitaient «tourner la page» de ces récompenses dans leur forme actuelle.

Les directeurs frondeurs préparent des Molières nouvelle manière
Myriam de Colombi, la présidente de l’association qui organise les Molières, a confirmé que la cérémonie n'aurait pas lieu le 2 avril en raison d'«un référé et d'une opposition faite pour un vice de forme par les dissidents». «Nous sommes en médiation», a-t-elle ajouté.

Jusque-là, elle n’avait cessé d’assurer que la cérémonie aurait bien lieu début avril, au Théâtre des Folies Bergère, bien que France Télévisions ait déjà renoncé à retransmettre la manifestation à cette date en l’absence de consensus de la profession.

Pour les théâtres qui boycottent les Molières, la décision de justice «évite que l'obstination des actuels dirigeants à organiser à tout prix les Molières ne tourne à un véritable fiasco entachant  gravement la réputation de la manifestation et obérant toute possibilité d'une profonde refondation».

«D'ores et déjà, une première réunion de travail s'est tenue à France Télévisions le 12 mars pour jeter les bases de ce travail de refondation avec l'objectif d'une première retransmission des nouveaux Molières dans les  meilleurs délais», indiquent les directeurs frondeurs.