Trois pièces de Joël Pommerat reprises cet automne à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/09/2013 à 09H38
Joël Pommerat

Joël Pommerat

© PIERRE VERDY / AFP

"Au monde", donné samedi soir 14 septembre 2013 au théâtre de l'Odéon jusqu'au 19 octobre inaugure une série de trois reprises à Paris de pièces de Joël Pommerat, auteur et metteur en scène d'un théâtre singulier, à la fois proche du quotidien et imprégné d'une étrange magie.

Joël Pommerat  se revendique "écrivain de plateau", il a imposé avec sa compagnie Louis Brouillard, créée en 1990, un théâtre très personnel, où les éclairages subtils, les fondus au noir, les déplacements des acteurs sonorisés, parfois aussi chanteurs et danseurs, instaurent un troublant mystère. Le spectateur évolue entre rêve et réalité, comme envoûté. Ou dérouté: car le metteur en scène ne donne pas toutes les clés.

Le spectateur doit trouver son chemin, comme dans "Au monde" (créé en 2004), huis clos glaçant dans une famille de la grande bourgeoisie industrielle. Un patriarche vieillissant est désireux de passer la main à son fils cadet, mystérieusement revenu d'une brillante carrière militaire. Trois soeurs - la similitude avec "Les trois soeurs" de Tchekhov est intentionnelle - se débattent avec leurs cauchemars. L'aînée, enceinte d'on ne sait qui, comme absente, la seconde rêvant d'un "monde qui fera de l'homme la seule valeur", mais animatrice d'une émission de télévision où des chiens figurent le dernier repas du Christ (!) et enfin la plus jeune, adoptée pour remplacer une enfant mystérieusement disparue. Pour autant, "Au monde n'est pas une pièce sur la famille", met en garde Pommerat, mais une pièce "avec beaucoup de considérations philosophiques et existentielles". Le frère cadet ne cherche-t-il pas à "faire quelque chose de vrai, quelque chose de profond"? Un peu comme chacun de nous cherche sa place "au monde"...

Les acteurs, sonorisés, parlent "comme tout le monde" et non avec des  "voix de théâtre". "Les micros permettent d'aller vers plus de sensualité, d'intimité", explique Pommerat. De fait, c'est un théâtre de l'intime qu'il déroule, proche des préoccupations du quotidien: le travail et la famille (Au monde), la vente, l'hyper-consommation (La Grande et Fabuleuse histoire du commerce), les amours impossibles (La réunification des deux Corées). Mais derrière les histoires simples, les questions renvoient
toujours à des angoisses existentielles.
 
Chef de troupe - la compagnie Louis Brouillard - Joël Pommerat, 50 ans, monte ses propres textes et ses pièces tournent dans le monde entier. Certaines sont devenues mythiques, comme "Cendrillon", où le conte situé dans une "famille recomposée"
prend un sacré coup de jeune, tout en gagnant en cruauté et en poésie. Dans la foulée de "Au monde" (qui voyagera ensuite à Bruxelles, Marseille), le théâtre de l'Odéon reprend à partir du 18 septembre "Les Marchands", une pièce de 2006. A partir du 9 octobre, le théâtre des Bouffes du Nord donne pour la première fois à Paris "La grande et fabuleuse histoire du commerce", créé à La Comédie de Béthune en 2011, avant une vaste tournée. (Afp)