Tom Novembre dans « Jacques le plusieurs » : Splendid !

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 25/02/2012 à 16H12
Bruno Moynot et Tom Novembre dans "Jacques le Plusieurs" de Bruno Moynot et Samir Bouadi

Bruno Moynot et Tom Novembre dans "Jacques le Plusieurs" de Bruno Moynot et Samir Bouadi

© Charlotte Spiellemaecker

Comédie plurielle autour d’un personnage changeant constamment de peau - d’où le titre - « Jacques le plusieurs », joué au Splendid, voilà une pièce iconoclaste qui s’absout de personnage principal. Chacun y tire sa carte, comme le Jacques du titre, et y tient sa place. Un rien surréaliste, Tom Novembre y excelle et remporte l’adhésion.

Situé dans un bistrot des années 50 de nos jours, la bonne surprise vient d’abord du décor, un petit bijou, qui situe l’univers de la pièce, dans la lignée d’« Amélie Poulain ». D’aucuns y tiendront rigueur, alors qu’un tel décor au théâtre, c’est autre chose qu’au cinéma. Un point.

D’emblée, dès les premiers mots, Novembre s’impose. Le personnage est campé : il donne le ton. Les autres vont devoir suivre. Et il les emmène au son d’un beau phrasé au texte souvent spirituel, que sert sa présence physique. Au diapason.

"Jacques le plusieurs"

"Jacques le plusieurs"

© Charlotte Spillemaecker

C’est moins le cas de ceux qui l’entourent. Mais cela relève du rodage en cours, vue la récente création de la pièce, de Bruno Moynot et Samir Bouadi, mise en scène par Samir Bouadi. Sandra Kollender est juste, en tenancière bariolée de bistrot, et son bistrotier, Jean-Pierre Durand, tient du poissonnier d’Astérix. Les deux autres comédiennes tiennent les rôles les plus difficiles, car les moins biens articulés de la pièce. Leur beauté comble le vide, dû au manque de consistance de leur personnage. La pièce perd en rythme en plein milieu, mais tient la distance.

L’une des deux jeunes premières est pourtant essentielle à l’intrigue, mais c’est aussi un leurre, car il n’y en a pas, ou peu, chez « Jacques le plusieurs ». Ce fada qui a perdu la mémoire, est comme tout un chacun multiple. Il passe du coq à l’âne, construit des « cut » à la William Burroughs. Dans « Jacques le plusieurs »,  il n’y a que des personnages. En cela la pièce est aussi un regard sur le théâtre.