"Tintin et Milou" sans images : un feuilleton radiophonique récité par les comédiens du Français

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 07/02/2016 à 18H43
Benjamin Abitan, en pull orange, entouré des comédiens du Français Jérémy Lopez, Christian Gonon, Noam Morgensztern et Gilles David. 

Benjamin Abitan, en pull orange, entouré des comédiens du Français Jérémy Lopez, Christian Gonon, Noam Morgensztern et Gilles David. 

© MARTIN BUREAU / AFP / AFP-PH

Les aventures de Tintin, bande dessinée créée par Hergé, débarquent sur France Culture avec "Les Cigares du Pharaon" sous forme de feuilleton quotidien, interprété par la troupe de la Comédie Française.

Ce premier feuilleton radiophonique de la collection, adapté par Katell Guillou, est diffusé à 20h30 du lundi 8 février au vendredi 12. Suivront Tintin et "Le Lotus bleu", dont l'enregistrement est prévu en septembre, puis les albums "Les Sept boules de cristal", "Le Temple du soleil"  et "L'Affaire Tournesol". "Les Bijoux de la Castafiore" complèteront la collection.

Travail de bruitages et bande son "identitaire"

"C'est la première fois que je réalise un projet si ambitieux", a raconté à l'AFP le réalisateur Benjamin Abitan. "Tintin est tellement dense, il y a tant d'éléments de décors, de bruitages additionnels, d'ambiances sonores différentes que l'on a passé notre temps à courir littéralement après le jeune reporter", ajoute-t-il. Tintin poursuit toujours quelqu'un ou quelque chose dans cette aventure qui le conduit en Orient. Il tombe dans un bateau, se retrouve à cheval, constamment en mouvement d'une case à l'autre, d'une planche à l'autre.

"Il y a un travail de mise en place qui réclame de nouveaux dispositifs très régulièrement", explique-t-il, "on avait sous-estimé la quantité de bruitage nécessaire comme l'accident d'avion, le bruit de moteur, les ailes qui  s'arrachent dans les arbres..." L'image a toujours été prise pour référence "afin de ne rien rater d'important". Il a fallu faire en sorte d'être "en immersion comme quand l'enfant lit la B.D. ", explique-t-il, "quand on est petit, les personnages ont la voix qu'on leur donne".

L'identité sonore de Tintin a été composée par le musicien Olivier Daviau en étroite collaboration avec Benjamin Abitan. "Ce fut une très belle rencontre, sa musique interprétée par l'Orchestre national de France, sous la direction de Didier Benetti, joue un vrai rôle de locomotive".

Tintin, un caractère complexe

Noam Morgensztern, 35 ans, comédien du Français entré dans la peau de  Tintin, a trouvé l'aventure ardue justement parce que "tout le monde connaît  bien ce personnage dont la voix est dans la tête de chacun". En revanche, lui n'a pas été élevé dans le culte du jeune reporter mais avec les personnages de Gotlib dans les volumes de Rubrique-à-brac. "Tintin n'est pas quelqu'un que j'ai eu à chercher en moi, je le travaille comme si je devais jouer un nouveau James Bond", confie-t-il en riant.

Il trouve à Tintin un caractère complexe, que rien ne semble affecter. "Je glisse à chaque fois dessus, c'est très minutieux comme travail. Il  exige de tout rendre intime, il faut presque tout chuchoter", explique le  comédien, "les autres sont hauts en couleur, mais pour Tintin on se demande ce  qu'il pense, il est subtil et plein d'émotions, on croit qu'on en attrape une  mais il est déjà ailleurs, ça va très vite". L'exercice radiophonique l'intéresse car contrairement au théâtre où il faut jouer aussi pour le dernier rang, "à l'antenne, il y a quelque chose qui ne triche pas du tout, on est aux aguets de ce que chacun fait, ça se joue au millimètre".

Jérémy Lopez, faisant Milou, a récité accroupi

Sous la pelisse blanche de Milou, Jérémy Lopez, 31 ans, le dernier Roméo de  la Comédie-Française, a trouvé l'exercice "plutôt drôle". "Je m'attendais à faire la voix de Milou, mais pas à jouer le chien", admet-il. A sa grande surprise, le réalisateur lui a demandé "de se créer un univers de Milou". Il a commencé par s'accroupir quand les autres enregistraient debout. "Je les regardais d'en bas, de loin, un peu dans un rapport de dominé, raconte-t-il, je respirais fort pour marquer ma présence mais il fallait que ce  soit suffisamment fin pour ne pas prendre le dessus".