Le futur de "Chalon dans la rue", enjeu d'une bataille politique et financière

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/07/2015 à 14H38
Festival "Chalon dans la rue" 

Festival "Chalon dans la rue" 

© France3/Culturebox

Le festival "Chalon dans la rue" s’est achevé dimanche dernier. Après 1000 spectacles et 5 jours d’animations, l’heure est au bilan, mais aussi à l’inquiétude. Le festival souffre de fortes pressions budgétaires qui mettent en question sa survie, alors qu’il devrait fêter en 2016 son trentième anniversaire.

Dans un climat ambiant de tension due aux coupes budgétaires, le débat politique quant au devenir du festival "Chalon dans la rue" ne cesse de gronder. Hier matin, Romain Blachier, adjoint à la culture de Lyon 7e, a publié sur son blog une lettre ouverte à l’adjoint à la culture de Chalon-sur-Saône, dans laquelle il fustige la politique culturelle de la ville. Habitué du festival, il se dit inquiet quant à son devenir.
 
Reportage : P. Ringenbach / T. Pfeiffer / L. Feuillebois 

Le festival des arts de la rue souffre d’un problème de financement. De sévères coupes budgétaires se sont déjà fait ressentir cette année. Ainsi, l'inauguration du festival a été annulée, ce qui aurait permis selon la mairie d’économiser 7.000 euros. Quant à la programmation du festival, on peut noter qu'elle s’est appauvrie sur le plan quantitatif, puisque pour le Off 20 compagnies de moins que les années précédentes étaient présentes. Cependant, la qualité des prestations n’a pas été sacrifiée. Pour Pedro Garcia, directeur artistique de cette édition 2015, "la programmation était à son niveau maximum".

Accueil du festival "Chalon dans la rue" 

Accueil du festival "Chalon dans la rue" 

© France3/Culturebox
 
Un autre risque dû aux coupes budgétaires pèse cependant sur les épaules du festival : celui de perdre le label CNAR (Centre National des Arts de la Rue). A ce titre, Gilles Platret, le maire (LR) de Chalon-sur-Saône, se montre très inquiet, car il dit voir mal "comment le festival pourrait se faire sans lui". Les élus ont jusqu’au 31 décembre pour engager un bras de fer avec l’Etat pour maintenir la labellisation CNAR de l’Abattoir, et donc la survie du festival. La question de son financement sera au centre des négociations, puisqu’à ce stade des discussions le label ne sera assuré que si les niveaux de subventions pour l’Abattoir et le festival sont rétablis.
 
Effectivement, la mairie de Chalon-sur-Saône a diminué cette année de 25% sa contribution au festival. Avec plus d'un million d'euros, la ville reste le premier financeur du festival, à hauteur de 57% ; mais cette coupe soudaine n’en est que plus brutale. Accusée de sacrifier la pérennité du festival, la mairie de Chalon-sur-Saône se trouve sous le feu des critiques. D’autant plus que cette année, elle n’a pas hésité à investir dans de fastueuses commémorations napoléoniennes, avec par exemple 4 jours de célébrations estimés à 60.000 euros pour fêter le bicentenaire de l’attribution de la légion d’Honneur à Napoléon Ier.
 
Gilles Platret (LR), maire de Chalon-sur-Saône

Gilles Platret (LR), maire de Chalon-sur-Saône

© France3/Culturebox
 
A titre de défense, la mairie soutient être asphyxiée financièrement, et condamne la répartition inégale du soutien financier accordé au festival par les différents acteurs publics.
 
Quoi qu’il en soit, les arts de la rue, parent pauvre du monde du spectacle, sont plus que jamais sous la pression des coupes budgétaires, et vont avoir besoin de beaucoup de soutien politique et financier pour voir une nouvelle édition du festival animer avec passion et générosité les rues de Chalon-sur-Saône.