"Les Soyeuses" : quand les jeunes filles subissaient l'usine-pensionnat

Par @Culturebox
Publié le 27/01/2017 à 18H48
Marie (Aude Pellizzoni), une ancienne ouvrièrede l'usine-pensionnat se souvient...

Marie (Aude Pellizzoni), une ancienne ouvrièrede l'usine-pensionnat se souvient...

© France 3 / Culturebox

C’est une page méconnue de l’histoire française qui est à découvrir les 26 et 27 janvier au théâtre de Bourg-en-Bresse et le 11 février prochain à Jujurieux dans l’Ain. Au XIXe siècle, l’industrie textile invente un nouveau modèle social : l’usine-pensionnat. Des établissements qui accueillaient de très jeunes filles, "les Soyeuses", à qui l’auteure Marie-Hélène Chiocca a voulu rendre hommage.

Reportage : F. Grassaud / P. Lachaux / P. Morin / S. Leroy
Etablissements providentiels qui offraient aux jeunes filles pauvres un métier et un toit, ou usines à l’ambiance carcérale qui exploitaient les enfants à des fins économiques ? La vérité se situe probablement entre les deux. Au XIXe siècle, alors que la main d’œuvre qualifiée fait défaut, des patrons ont l’idée de créer des usines-pensionnats. Claude- Joseph Bonnet est l’un d’eux. Le fondateur des soieries Bonnet à Jujurieux dans l’Ain accueille jusqu’à 600 jeunes filles pauvres, orphelines ou filles de cultivateurs locaux. Des filles que l’on place à l’usine en échange du gîte, du couvert et d’une éducation rigoureuse, dispensée par les sœurs de Saint-Joseph.

Hommage à ces enfants ouvrières 

Cette histoire, Marie-Hélène Chiocca la découvre  à la fin des années 90 lors d’une visite des anciennes soieries aujourd’hui devenues musée. Le destin de ces jeunes filles l’émeut et lui inspire le scénario d’une pièce : « Les Soyeuses ».

Mais ça n’est que quinze ans plus tard, en 2013,  que l’auteure donne vie à son projet avec l’aide du metteur-en-scène Henri Gruvman. Une visite théâtralisée du musée de Jujurieux qui devient aujourd’hui un spectacle à part entière, porté par les comédiens de la compagnie lyonnaise Mises en jeux. Une œuvre poignante et instructive sur un chapitre oublié de notre histoire.