"Fausse note" au Théâtre Michel : rencontre au sommet entre Christophe Malavoy et Tom Novembre

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 18/10/2017 à 20H34, publié le 11/10/2017 à 19H58
Christophe Malavoy et Tom Novembre dans "Fausse note" de Didier Caron au Théâtre Michel à Paris

Christophe Malavoy et Tom Novembre dans "Fausse note" de Didier Caron au Théâtre Michel à Paris

© Théâtre Michel

Créée en juillet à Avignon, "Fausse note" de Didier Caron ("Charité bien ordonnée", "Un vrai bonheur") réunit au Théâtre Michel à Paris un duo autant inattendu qu’efficace : Christophe Malavoy et Tom Novembre. Le binôme fonctionne à merveille dans une pièce où le mystère le dispute au suspense dans un crescendo minuté au cordeau.

"Fausse note" au Théâtre Michel : le trailer

Intrigant

Surtout ne rien dévoiler du motif qui entraîne un quidam (Christophe Malavoy) à pousser la porte d’un des plus grands chefs d’orchestre (Tom Novembre) après une représentation, au risque de déflorer les mobiles de "Fausse note". En effet, une bonne partie du sel de cette pièce, menée comme un thriller, relève du mystère qui motive cet inconnu à harceler le maestro. Puis leurs passes d’armes les transforment de manipulateur à manipulé, jusqu’à une révélation ahurissante qui les mènera aux pires extrémités...

Cette montée en puissance de personnages qui ne cessent d’évoluer, de s’épaissir, de se dramatiser, est servie par deux acteurs parfaitement distribués dans leur rôle. Christophe Malavoy endosse l’anonymat d’un homme de la rue, humble et admiratif, puis machiavélique pour finir dominateur, sur un Tom Novembre aristocratique, suffisant, enfin humilié et contrit.
Christophe Malavoy et Tom Novembre dans "Fausse note" de Didier Caron au Théâtre Michel 

Christophe Malavoy et Tom Novembre dans "Fausse note" de Didier Caron au Théâtre Michel 

© Théâtre Michel

Changements de rôles

La sobriété du décor, qui évoque une loge de salle de spectacle, sert les comédiens et le texte qui, de vaudevillesque, s’obscurcit de torpeurs jusqu’à provoquer le malaise. On est d’abord pris de compassion pour ce maître de musique dérangé par un fan tellement envahissant qu’il tourne au comique à force de ridicule. Mais son insistance devient inquiétante. Est-ce un malade mental, un obsessionnel, un monomaniaque ? L’intrigue le découvrira tout autre. Tout comme le musicien, dont la révélation de la vraie nature est le but que s’est fixé l’étrange visiteur.

Le mystère est bien gardé et entretenu au service d’une intrigue riche en surprises et retournements de situation. Didier Caron réussit le pari de faire reposer par le seul dialogue entre deux personnages un argumentaire puissant qui tient en haleine de bout en bout. L’attention ne déroge jamais face au comportement changeant de ces deux protagonistes qui n’auraient jamais dû se rencontrer, que tout oppose, pourtant liés par un lourd secret. Christophe Malavoy et Tom Novembre ont toute la fibre nécessaire pour transmettre cette dramaturgie où s’immisce une diversité de thèmes, tels que la filiation, l’autorité, le libre-arbitre, la culpabilité ou la résilience. Prenant.
"Fausse note" : l'affiche

"Fausse note" : l'affiche

© Théâtre Michel
Fausse note, De Didier Caron, Mise en scène : Didier Caron et Christophe Luthringer
Avec : Christophe Malavoy et Tom Novembre