"Erich von Stroheim" avec Emmanuelle Béart à Strasbourg : amour, sexe et imposture

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/02/2017 à 16H20, publié le 01/02/2017 à 15H45
Emmanuelle Béart et Thomas Gonzalez dans "Erich von Stroheim" de Christophe Pellet, mis en scène de Stanislas Nordey, au Théâtre national de Strasbourg

Emmanuelle Béart et Thomas Gonzalez dans "Erich von Stroheim" de Christophe Pellet, mis en scène de Stanislas Nordey, au Théâtre national de Strasbourg

© Culturebox / Capture d'écran

Trois personnages sans nom s'aiment, se font mal, hésitent entre désir de maintenir et de détruire le fragile équilibre du triangle amoureux qu'ils forment : dans "Erich von Stroheim", une création du Théâtre National de Strasbourg, Stanislas Nordey interroge le couple, le sexe, mais aussi le travail, avec dans le rôle principal Emmanuelle Béart

"L'Un" est un acteur de films pornographiques vieillissant, qui a fait de son corps un "endroit commun à tous", "l'Autre" a encore la pureté de l'enfance et refuse au contraire toute aliénation par le travail, "Elle" est une femme d'affaires qui s'accomplit dans l'action, traite les autres comme des objets et parle comme on assène des coups.

Interprétés par Laurent Sauvage, Thomas Gonzalez et Emmanuelle Béart, les trois personnages évoluent dans un décor trop grand pour eux, toujours par deux, mais toujours préoccupés par le troisième d'entre eux. Leurs apparitions et disparitions sont scandées par la voix de Maria Callas chantant "Samson et Dalila" de Camille Saint-Saëns.

Reportage : F. Bedin / C. Laemmel / S. Sturtzer

Imposture

Cette pièce contemporaine du Français Christophe Pellet, qui navigue entre crudité et angoisses métaphysiques, tire son nom de l'acteur-réalisateur de l'entre-deux-guerres Erich von Stroheim, admiré par "l'Autre" pour avoir été un imposteur, un "mystificateur de génie", qui s'est inventé une vie.

"Elle", qui détient le plus de pouvoir, est vêtue de noir, tandis que "l'Un" est torse nu et "l'Autre" entièrement nu. La diction plus naturelle de "l'Autre" l'oppose aussi aux deux autres, plus manipulateurs.

"Au départ, je me disais qu'au théâtre il n'y avait aucun sens de montrer quoi que ce soit de l'acte sexuel, donc il fallait trouver une représentation du corps", explique le metteur en scène et directeur du TNS, Stanislas Nordey. Il a aimé la façon dont la pièce de Christiophe Pellet "interroge notre rapport au couple, à la sexualité, à la durée dans une relation".

L’Un et L’Autre, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez

L’Un et L’Autre, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez

© Culturebox / Capture d'écran

"Erich von Stroheim" de Christophe Pellet
mise en scène de Stanislas Nordey
avec Emmanuelle Béart, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez

Au Théâtre de Strasbourg jusqu'au 15 février,
puis en tournée au Théâtre National de Bretagne à Rennes du 14 au 25 mars,
au Théâtre du Gymnase à Marseille du 4 au 6 avril,
et au Théâtre du Rond-Point à Paris du 25 avril au 21 mai 2017.

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