"Des gens bien", mais Miou-Miou est encore mieux

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/02/2015 à 11H29
Brigitte Catillon, Miou-Miou, Isabelle de Botton dans "Des gens bien"

Brigitte Catillon, Miou-Miou, Isabelle de Botton dans "Des gens bien"

© Dessons/JDD/Sipa

Une silhouette de gamine, des yeux pétillants, une gouaille discrète, Miou-Miou c'est un peu la copine dont on demande toujours des nouvelles. C'est dire le plaisir et l'impatience de la retrouver sur scène, dans une pièce qu'elle a choisie elle-même : "Des gens bien" de l'Américain David Lindsay-Abaire.

Une pièce qui l'a séduite, parce qu'elle donne voix, pour une fois au théâtre, à de petites gens d'un quartier un peu pourri de Boston, victimes de la crise et du chômage. Des gens qui se débattent au quotidien, sans se départir d'un humour corrosif. 
Miou-Miou

Miou-Miou

© Dessons/JDD/Sipa
Miou-Miou impose sa présence dans le rôle de Maggie, licenciée de son boulot de vendeuse de supermarché pour cause de retards répétés. Elle a une bonne raison : elle élève seule sa fille handicapée…

Maggie, c'est mère courage. Bravache, prête à tout pour retrouver un boulot, payer ses loyers. Pour cela elle retrouve un ex, lui demande son aide. L'homme devenu un médecin reconnu n'a aucune envie évidemment, de se replonger dans ses anciennes origines.  
Miou-Miou et Julien Personnaz

Miou-Miou et Julien Personnaz

© Dessons/JDD/Sipa
Il y a aussi deux copines, compagnes de galère mais pas forcément d'une grande aide, l'une (Brigitte Catillon) qui essaie de l'aider mais sans y réussir, l'autre (Isabelle de Botton) un peu profiteuse et assez déjantée. Maggie d'ailleurs toute courageuse qu'elle est, est capable de mesquinerie, de petites lâchetés, de mensonge…  
Trois copines de galères

Trois copines de galères

© Dessons/JDD/Sipa
Il y a des moments savoureux dans "Des gens bien", notamment quand tout le quartier se retrouve pour l'unique distraction hebdomadaire : le loto. Mais la pièce a des faiblesses, les relations avec les copines ne sont pas creusées, la chronique sociale est un peu lourde, téléphonée : voir l'étrange séquence entre Maggie, le médecin et sa jeune femme noire, aussi diplômée que Michelle Obama. On rêverait qu'une telle histoire nous soit contée par un auteur irlandais, avec la folie et l'émotion requise.  
Miou-Miou, Patrick Catalifo, Aïssa Maïga

Miou-Miou, Patrick Catalifo, Aïssa Maïga

© Dessons/JDD/Sipa
Le spectacle qui manque de rythme ne vaudrait donc pas forcément le déplacement sans Miou-Miou, innocente et lucide, héroïque et pitoyable. Retenons aussi Aïssa Maïga dans le rôle de l'épouse noire, très nuancée, contrairement à Isabelle de Botton un peu caricaturale, Catillon est amusante, Jean Personnaz (le frère de Raphaël ?) en manager de supermarché est très bien, dans le rôle ingrat du médecin Patrick Catalifo s'en sort avec les honneurs. Mais si vous aimez Miou-Miou, trop rare au théâtre, vous irez, que dis-je vous y êtes déjà. 
"Des gens bien" au théâtre Hébertot
Mise en scène d'Anne Bourgeois
78 bis bd des Batignolles, Paris XVIIe
Réservation : 01 43 87 23 23