"Le Prince de Hombourg", libre et subversif, en replay sur Culturebox

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 10/07/2014 à 12H20
Xavier Gallais, Prince de Hombourg

Xavier Gallais, Prince de Hombourg

© Christophe Raynaud de Lage

C’est une pièce emblématique de l’ère Jean Vilar qui devait ouvrir le Festival. Elle fut annulée pour cause de grève en solidarité avec le mouvement des intermittents. Elle se joue depuis avec une allocution de 3 minutes, que le metteur en scène a accepté d'intégrer comme préambule à la pièce. Le Prince de Hombourg est à découvrir en replay sur Culturebox.

Dans cette œuvre onirique de 1811, en pleine bataille napoléonienne, l’Allemand Heinrich Kleist dépeint un jeune chef militaire fougueux et rêveur qui lui ressemble, avec en toile de fond un épisode célèbre de l’histoire allemande qui opposa le Brandebourgeois aux Suédois en 1675. Le Prince de Hombourg désobéit aux ordres de son oncle, le Grand Electeur, mais remporte le combat. Malgré cette victoire, il est condamné à mort pour indiscipline.
 
Ce parcours initiatique du Prince de Hombourg, écrit par Kleist quelques jours avant de se suicider, pose des questions qui résonnent avec une acuité saisissante : la passion ou le devoir ? La responsabilité ou l’obéissance ? La force du désir ou la discipline militaire ?  
Xavier Gallais reprend le rôle titre marqué par l’ombre de Gérard Philipe. Lunaire et profond, il donne chair à ce personnage énigmatique, à cet être libre, poétique et subversif qui se laisse guider par le désir. Hombourg alias Gallais s’échappe par le rêve, s’isolant du monde par une succession d’actes manqués.

Images Benjamin Hoffmann
Un regret nous a saisie lors de la générale: que l’écriture très étrange et très belle de Kleist ait parfois du mal à résonner dans la Cour. Direction d’acteurs trop intimiste, dans un tel lieu, de la part de l’Italien Georgio Barberio Corsetti ou nécessité de s'acclimater à l'impressionnante muraille ?
 
Mais comme d’habitude le metteur en scène fait une utilisation remarquable de la vidéo. Hombourg partant à l’assaut, juché sur un magnifique cheval blanc projeté sur le mur de la cour, est une image magnifique. Comme ces visages de gnomes inquiétants dont les yeux et les bouches sont les fenêtres éclairées du Palais des Papes.  
Le Prince de Hombourg par Giorgio Barberio Corsetti

Le Prince de Hombourg par Giorgio Barberio Corsetti

© Christophe Raynaud de Lage
Pour marquer sa prise de pouvoir avignonesque, Olivier Py a choisi une pièce ésotérique, parsemée d’énigmes, sur la force du désir et du rêve, des thèmes qui lui sont chers. La pièce doit se jouer jusqu’au 13 juillet. Tous les soirs sur scène, les militaires en guise de médaille, arboreront le petit carré rouge, emblème de la protestation des intermittents à Avignon.    

 
Le Prince de Hombourg dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes
Mise en scène deGeorgio Barberio Corsetti
4 (annulé),5,6,8,9,10,11,12,13 juillet à 22H


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