Rire contre le cancer : Noémie Caillault triomphe en Avignon avec "Maligne"

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 22/07/2015 à 16H46
Noémie Caillault

Noémie Caillault

© DR

Noémie Caillault allie petit boulot, caissière dans un théâtre parisien, et cours de théâtre, lorsqu'elle apprend en 2012 qu'elle a une boule de 6 centimètre dans son sein droit. Le choc, l'angoisse, le combat, les chimios, la famille, les amis, c'est tout cela que Noémie raconte seule en scène, avec une justesse et un humour ravageur. Un formidable hymne à la vie. Critique et interview.

Le parcours d'une battante

"Dis ton histoire de cancer, c'est du vrai théâtre", lui aurait dit un de ses collègue. C'est cela qui a décidé Noémie Caillault à écrire son histoire, et toute l'équipe de la Pépinière l'y a aidé, l'a accompagnée et soutenue.

Une peau de pêche, ravissante et très expressive, Noémie, 27 ans aujourd'hui, raconte le choc, la batterie d'examens, les voix mielleuses et le jargon des soignants (Jeanne Arènes, François Morel, Olivier Saladin et Dominique Valladié prêtent délicieusement leurs voix), l'angoisse de l'attente, la perte des cheveux, la réaction des proches (les chamailleries avec la mère, pas toujours très diplomate, qu'il faut rassurer : "Même le cancer il veut pas vivre avec toi, t'es tellement chiante !"), son besoin d'amour, la congélation de ses ovocytes avec un super beau gosse de l'hôpital de Clamart… 

Optimisme et légèreté d'une jeune femme toujours sous traitement

Ce parcours de battante est joliment servi par une mise en scène enlevée et efficace de Morgan Perez. Des images vidéo prises par les copines, la montre en train de se couper les cheveux. Séquence très émouvante qui clôture sur ces mots : "T'as un beau crane, les oreilles bien collés, t'es belle ma fille".

Noémie n'est pas le genre à s'apitoyer. Follement énergique, elle croque la vie, positive, comme lui conseille son oncologue avec une insistance exaspérante.

"Je vais faire un guide Michelin des hôpitaux de Paris !", s'exclame-t-elle avec humour. Vous aurez compris, qui de Noémie ou de la maladie est la plus maligne des deux.
"Maligne" de Noémie Caillault

"Maligne" de Noémie Caillault

© Christophe Vootz

L'accueil chaleureux du public, qui l'attend à la sortie, la fait rayonner de bonheur, elle qui est toujours sous traitement, comme elle nous le confesse dans l'interview (vidéo). Le fait qu'elle soit encore en rémission, rend d'autant plus beau et courageux cet exercice d'optimisme et de légèreté sur un sujet si grave. Exercice que Noémie à l'intention de reprendre à l'automne, dans un théâtre parisien.

L'interview de Noémie Caillault par Sophie Jouve et Benjamin Hoffmann :


"Maligne" au Théâtre des Béliers à 16H50
De et avec Noémie Cailllault  
Mise en scène de Morgan Perez 
53 rue du Portail Magnamen, Avignon 
Réservation : 04 90 82 21 07  
A Paris en octobre 2015