Le "in" d'Avignon très affecté par la grève de samedi

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/07/2014 à 11H02
Les intermittents d'Avignon manifestent contre la nouvelle convention d'assurance chômage (12 juillet 2014)

Les intermittents d'Avignon manifestent contre la nouvelle convention d'assurance chômage (12 juillet 2014)

© Boris Horvat / AFP

L'appel national à la grève de la CGT Spectacle et de la Coordination des intermittents, samedi, a principalement affecté le festival d'Avignon, devenu la caisse de résonance du mouvement, avec nombre de spectacles annulés et une manifestation bien suivie.

Neuf des treize représentations prévues au Festival d'Avignon dans le cadre  du "in", le festival officiel, ont finalement été annulées samedi, dont l'emblématique "Prince de Hombourg" dans la Cour d'honneur, déjà annulé le 4 juillet en ouverture, a indiqué la direction du festival.
 
L'équipe d'"Orlando", la pièce créée par le directeur du festival Olivier Py, qui avait maintenu la représentation de samedi, a choisi de verser son salaire du jour à la caisse de solidarité des intermittents du "in".
 
Des extraits du "Mahabharata" place du Palais des Papes

Quant aux interprètes japonais du "Mahabharata" de Satoshi Miyagi, ils ont offert gratuitement place du Palais des Papes des extraits de la représentation annulée carrière de Boulbon, jouant en costumes - de magnifiques kimonos blancs - et avec tous leurs accessoires devant des spectateurs enthousiastes.
 
Le personnel du festival s'était prononcé vendredi à 65% en faveur de la  grève, mais la participation au scrutin n'avait pas dépassé 46%, et c'est spectacle par spectacle que les salariés ont voté.

Dernier effet de la grève de samedi, la première de "At the Same Time We Were Pointing a Finger on You" de la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin, prévue dimanche, d'abord annulée, a été reportée car le spectacle n'avait pas pu être installé. La représentation aura lieu mardi après-midi.

Une manifestation bien suivie
 
"Je ne pense pas que la grève soit une bonne stratégie, c'est plutôt une tragédie", a regretté Olivier Py, indiquant que les annulations de spectacles le 4 juillet puis ce samedi avaient engendré des pertes de 138.500 euros à ce jour pour le festival.
 
Entre 1.500 artistes et techniciens du spectacle et employeurs (Syndeac,  syndicat des employeurs du spectacle), selon la police, 3.000 à 5.000 selon les organisateurs, ont défilé dans l'après-midi de la gare  d'Avignon au centre de la ville, devenue le bastion de la lutte des  intermittents. "Olivier Quy?", ont scandé les manifestants pour interpeller le patron du festival.
 
A Avignon, la contestation s'exprime aussi dans le Off, rassemblement de 1.083 compagnies en marge du festival officiel, mais avec moins d'ampleur, les troupes ne pouvant se permettre pour la plupart de faire grève.
 
Une marche funèbre aux Francofolies

Aux Francofolies de La Rochelle, où ils sont assez discrets depuis l'ouverture, une cinquantaine d'intermittents vêtus de T-shirts noirs barrés d'une croix blanche ont organisé une marche funèbre avant le concert des Innocents. Ils sont montés sur scène sous les applaudissements du public.
 
A Toulouse, les trois compagnies prévues au Théâtre du Grand Rond étaient en grève et leurs spectacles ont été annulés.
 
Interrogé sur la venue programmée de la ministre de la Culture Aurélie  Filippetti à Avignon , mercredi et jeudi, Olivier Py a souligné ne pas avoir connaissance qu'elle assisterait à un spectacle.
 
Aurélie Filippetti attendue de pied ferme

En début de festival, le collectif des salariés du festival avait déclaré que les membres du gouvernement étaient "persona non grata" au festival : "Les spectacles n'auront pas lieu en leur présence."
 
Concernant Aurélie Filippetti, "on va aller à sa rencontre, ça c'est sûr", a prévenu dans la Cité des papes Marc Slyper, un des responsables de la CGT Spectacle.
 
Les intermittents protestent contre la nouvelle convention d'assurance-chômage qui durcit les conditions d'indemnisation des professionnels du spectacle, en rallongeant le délai de carence entre la fin des périodes travaillées et le versement des allocations.