Avignon 2015 : faire mieux avec moins

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 26/03/2015 à 15H53
  Olivier Py dans les rues d'Avignon (2014)

  Olivier Py dans les rues d'Avignon (2014)

© Angélique Rinel/photoPQR

Une quarantaine de spectacles, 4 expositions, Olivier Py a dévoilé jeudi dans la Cité des Papes le programme de la 69e édition. En ouverture le directeur du festival mettra en scène "Le roi Lear" dans la Cour d'honneur, un spectacle qui sera diffusé sur France 2 et sur Culturebox.

Affiche du Festival d'Avignon 2015 © Festival d'Avignon
Un budget en baisse

Le festival a "mangé ses réserves" pour absorber 240.000 euros de pertes dues aux 12 représentations annulées par la grève des intermittents du spectacle l'été dernier. Il a renoncé cette année aux deux jours supplémentaires qui lui permettaient de couvrir 4 week-end de juillet, et n'ouvrira pas un de ses lieux emblématiques, la Carrière de Boulbon. Un spectacle a dû être sacrifié après la décision de la ville d'Avignon  de réduire de 5% sa subvention (soit 49.000 euros).

Le "Roi Lear" d'Olivier Py

Une quarantaine de spectacles, 26 créations et 6 premières françaises, un programme dense, "un feu d'artifice", en dépit d'un contexte budgétaire "très difficile", selon son directeur Olivier Py.

Olivier Py, qui a essuyé les plâtres l'été dernier pour sa première édition, entre grève des intermittents du spectacle et météo capricieuse, a dévoilé une 69e édition raccourcie de deux jours. Il ouvrira le bal dans la Cour d'honneur du Palais des papes avec sa production du "Roi Lear" de Shakespeare avec Philippe Girard.

"Richard III" de Thomas Ostermeier

Le grand metteur en scène allemand Thomas Ostermeier, qui a souvent créé l'événement à Avignon, donnera "Richard III" à l'Opéra-théâtre, pour onze représentations. De quoi étancher la soif du public, qui se plaint tous les ans de ne pouvoir accéder aux spectacles les plus demandés.

Tiago Rodrigues, qui dirige au Portugal l'équivalent de la Comédie-Française, donne sa version d'"Antoine et Cléopâtre".

Modernes

Valère Novarina revient à Avignon avec "Le vivier des noms", à partir d'un petit carnet où il note ses personnages imaginaires.

Krystian Lupa, grand maître du théâtre polonais jamais venu à Avignon monte "Des arbres à abattre" de l'écrivain autrichien Thomas Bernhard.

Kirill Serebrennikov, géant du théâtre russe, monte "Les idiots", d'après un film de Lars von Trier.

Jeunes pousses

A côté de ces "locomotives", le Festival joue son rôle de découvreur. La troupe estonienne TeaterN099, qui numérote ses pièces de 100 à zéro, propose son numéro 51, "Ma femme m'a fait une scène et a effacé toutes nos photos de vacances".

Le trentenaire Benjamin Porée propose un spectacle de troupe, "Trilogie du revoir" de l'Allemand Botho Strauss.

Venu de Tel Aviv, le groupe Winter Family crée "No world", critique virulente de nos sociétés occidentales.

Le jeune franco-norvégien Jonathan Châtel remarqué en 2012 pour "Petit Eyolf" s'attaque à la première partie du "Chemin de Damas" d'August Strindberg.

Isabelle Huppert et Fanny Ardant

Parmi les têtes d'affiches Isabelle Huppert lira Sade (Cour d'Honneur 9 juillet), Fanny Ardant prêtera sa voix à un opéra parlé, "Cassandre", sur une musique de Michael Jarrell ( l'Opéra d'Avignon le 22 juillet).

Une curiosité, unn spectacle musical du groupe de rock Feu! Chatterton autour du roman d'Eric Reinhardt "L'amour et les forêts" (19 juillet).

Buenos Aires
   
Après la Grèce l'an dernier, vive l'Argentine, avec trois metteurs en scène, Sergio Boris, Claudio Tolcachir et Mariano Pensotti.
   
Mediterranée
 
L'Egyptien Ahmed el Attar met en scène une grande famille égyptienne, sourde aux révolutions du printemps arabe.

Philippe Berling adapte à la scène le roman de Kamel Daoud "Meursault, contre-enquête", réponse cinglante à "L'étranger" de Camus.
   
Enfants

Les enfants ont leur festival depuis l'an dernier à la Chapelle des Pénitents blancs, avec trois pièces dont un "Riquet à la houppe" moderne de Laurent Brethome. Adultes ne pas s'abstenir!

Danse

Pas moins de 7 spectacles de danse, à commencer par Angelin Preljocaj, qui crée "Retour à Berratham" de Laurent Mauvignier avec l'artiste plasticien franco-algérien Adel Abdessemed.

La jeune génération est là avec le Français Fabrice Lambert, Hofesh Shechter, chorégraphe israélien en pleine ascension et la jeune sénégalaise Fatou Cissé. Emmanuelle Vo-Dinh présente "Tombouctou déjà vu", mais rien à voir avec le film: il s'agit d'une communauté de danseurs.

Chéreau
Un cinéma permanent et gratuit dans l'Eglise des Célestins diffusera les archives du Festival, dont les grands spectacles de Patrice Chéreau, auquel la Collection Lambert consacre aussi une exposition.
Découvrez toute la programmation du festival 2015 :    Festivaldavignon