Intermittents : le personnel du festival d'Avignon vote la grève samedi

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/07/2014 à 12H27
Des intermittents de la CGT-Spectacle défilent dans les rues d'Avignon le 4 juillet 2014.

Des intermittents de la CGT-Spectacle défilent dans les rues d'Avignon le 4 juillet 2014.

© Boris Horvat/AFP

La CGT Spectacle et les coordinations ont lancé un appel national à cesser le travail samedi 12 juillet. Les grands festivals de l'été pourraient donc être touchés. A Avignon, les spectacles du "In" seront perturbés : le personnel du festival a en effet voté la grève, en dépit d'une forte abstention.

Avec cet appel à la grève, la CGT Spectacle entend maintenir la pression sur le gouvernement et les partenaires sociaux, alors qu'une concertation s'est ouverte à Paris avec toutes les parties concernées en vue d'une refonte du régime d'indemnisation chômage des intermittents.

Saisi par la CGT, le tribunal de grande instance (TGI) de Paris est resté inflexible et a rendu sa décision vendredi en début d'après-midi : la nouvelle convention chômage contestée par les intermittents ne sera pas suspendue et devra être appliquée. 

Le personnel du festival d'Avignon vote la grève

Peu après, le personnel du festival d'Avignon annonçait avoir voté en faveur de la grève pour samedi. Sur 622 inscrits, 286 salariés ont pris part au vote soit 46%. 65% se sont prononcés pour la grève (186 votes) et 33% contre (94 votes), 2% de votes blancs, selon le collectif du festival "in".

A Avignon, où la grève du 4 juillet avait retardé d'un jour l'ouverture et empêché les premières du "Prince de Hombourg", dans la Cour d'honneur du Palais des Papes, et de "Coup fatal", les collectifs du festival "In" et du "Off" ont entamé un rapprochement, et une manifestation unitaire est prévue samedi après-midi.

Mieux organisé qu'à ses débuts, le mouvement des intermittents devrait mobiliser largement samedi. "Il s'agit d'un vote consultatif, qui donne l'orientation générale du festival, mais qui doit être confirmé spectacle par spectacle", a expliqué Denis, un des porte-parole du collectif. "C'est peut-être pour cela que les gens ne se sont pas mobilisés", a-t-il estimé à propos de la forte abstention (54%).

Yann Guillou, secrétaire général adjoint du Synptac-CGT (techniciens), prévoit un vaste mouvement de grève dans le "In". "Ce sera plus difficile dans le ‘Off’, où les compagnies louent les salles à des prix exorbitants, et sont contraintes de jouer à tout prix", dit-il.

13 spectacles prévus pour le "In" samedi

Samedi, pas moins de 13 spectacles, dont "Le Prince de Hombourg" dans la Cour d'honneur, se partagent l'affiche du "In". De son côté, le "Off" fait le plein à partir du week-end, avec 1 300 spectacles. La grève dans le "Off", le 7 juillet, avait été suivie par une centaine de compagnies sur plus de 1000.
Le festival annoncera samedi à la mi-journée la liste des spectacles qui ne pourront pas se tenir pour cause de grève.

Selon le directeur du festival d'Avignon, Olivier Py, le coût d'un spectacle annulé dans la Cour d'honneur est de 45 000 euros en billetterie. A Aix-en-Provence, chaque opéra annulé coûte 150 000 euros. Les dommages se sont également fait sentir en termes de fréquentation : les festivals d'Avignon et Aix ont aussi souffert d'un fléchissement des ventes de billets.
Depuis le début de la mobilisation des intermittents, le Premier ministre, Manuel Valls, a multiplié les gestes pour tenter de déminer le conflit, annonçant une concertation sur l'intermittence puis la sanctuarisation des crédits du ministère de la Culture (hors communication) pour les trois ans à venir.

La menace d'une annulation totale des manifestations s'est éloignée, et les festivals battent leur plein malgré des débuts difficiles. Après un premier mouvement de grève des intermittents du spectacle, les équipes ont décidé de maintenir les manifestations phare, comme Avignon, Aix-en-Provence ou les Francofolies de La Rochelle, tout en laissant un espace aux prises de paroles des intermittents.