Avignon : "Vitrioli" ou la montée du calvaire de la Grèce par Olivier Py

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 14/07/2014 à 14H29
"Vitrioli", mise en scène Olivier Py

"Vitrioli", mise en scène Olivier Py

© Marilena Stafylidou

Trois pièces grecques contemporaines sont à l’affiche du festival pour nous parler de la Grèce d’aujourd’hui : à venir, la "Ronde du carré" de Dimitris Dimitriadis, le plus connu des trois auteurs. Et, en ce moment, "Nature morte" de Manolis Tsipos et "Vitrioli" de Yannis Mavritsakis. Cette dernière que nous avons vue, ne nous a pas convaincus.

Olivier Py signe sa deuxième mise en scène du festival (après « Orlando ou l’impatience »), avec ce "Vitrioli" qu’il a créé à Athènes en 2013.

Au gymnase Paul Giera, le public prend place sur des gradins des deux côté d’un rectangle de terre noir qui fera office de scène ou plutôt de ring. Deux rideaux en plastique transparents nous protègent des projections de glaise, au début de ce spectacle vraiment lugubre.

Car c’est un portrait au vitriol d’un jeune homme renfermé sur lui-même, victime d’intimidations et de mauvais traitements, que nous dresse Yannis Mavritsakis.  
Rien ne nous est épargné

Ce garçon qui refuse de travailler, de manger, d’aimer est harcelé par sa fiancée et par sa mère (une sorte de Médée) qui convoque à son chevet un exorciste, un médecin et même un inspecteur des abattoirs chargé de le mettre au travail, sinon…

Violent, cru, obsessionnel, il n’y a aucun échappatoire dans le texte de Mavritsakis, qu’Olivier Py traite en montée du calvaire, à forte connotation sexuelle. Haine, inceste, séance de bondage, rien ne nous est épargné, comme métaphore d’une Grèce menacée d’implosion.  
Minas Hatzisawas et Charis Tzortzakis

Minas Hatzisawas et Charis Tzortzakis

© Boris Horvat/AFP
Les sept comédiens, au jeu très physique et rompus à la tragédie, font preuve d’un engagement qui suscite le respect.

Mais si l’on ne remet pas en question les intentions sincères de Mavritsakis, son propos nous parait extrêmement réducteur. On doute que cette pièce d’une noirceur absolue soit le meilleur moyen de sensibiliser à la situation de la Grèce contemporaine. Pas sûr non plus qu’Olivier Py, en ajoutant ses obsessions personnelles, contribue à alléger le spectacle.

On aura compris que pour un Grec la situation est totalement désespérée, le problème est de réussir à le faire passer à d'autres peuples mieux lotis... 
Dimitris Lalos et Charis Tsotzakis

Dimitris Lalos et Charis Tsotzakis

© Boris Horvat/AFP
"Vitrioli" de Yannis Mavritsakis (1h30)
Mise en scène d’Olivier Py, en grec surtitré
Gymnase Paul Giera jusqu’au 19 juillet (relâche le 14) à 22h
Réservation : 04 90 14 14 14


"La ronde du carré" de Dimitri Karantzas
Opéra Grand Avignon
22,23,24, 25 juillet à 22h


"Nature morte" de Manoli Tsipos
Mise en scène de Michel Raskine
Avec les élèves de 2e année de la Comédie de Saint Etienne
Gymnase du Lycée Saint Joseph
9,10,11,12 juillet à 18h