Le théâtre de l'Athénée rouvre ses portes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/09/2016 à 09H30
Le théâtre de l'Athénée rénové (19 septembre 2016)

Le théâtre de l'Athénée rénové (19 septembre 2016)

© Bertrand Guay / AFP

Plus petit théâtre lyrique de la capitale, l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet rouvre ses portes ce week-end après un an de travaux avec la "Symphonie fantastique" de Berlioz revisitée par l'ensemble Le Balcon et le jeune chef Maxime Pascal.

Ce théâtre parisien classé, marqué par la direction du comédien mythique Louis Jouvet de 1934 à 1951, partage aujourd'hui son activité entre le théâtre et le spectacle musical, dont il est un des hauts lieux de création avec le théâtre des Bouffes du Nord.

Une réouverture façon "Proms" britanniques

Pour la réouverture du théâtre de l'Athénée, ce samedi 24 septembre, les fauteuils de l'orchestre ne seront pas remontés et le public pourra assister debout à l'œuvre flamboyante de Berlioz, pour seulement 10 euros la place. Ces tickets "debout" seront vendus une heure avant le spectacle à la billetterie du théâtre. Le jeune chef d'orchestre "Maxime Pascal secoue bien l'œuvre, et c'est très drôle", lance le directeur du théâtre Patrice Martinet, qui a voulu donner à la réouverture le caractère populaire des "Proms" britanniques, avec leurs places debout à petit prix (environ 7 euros).

Teaser d'une Symphonie fantastique aux accents jazz, à découvrir sur scène les 24 et 25 septembre 2016 pour la réouverture du théâtre de l'Athénée, mais aussi en CD.

Le fondateur et ex-directeur du festival Paris Quartier d'été s'émerveille des couleurs retrouvées de son théâtre, une des plus jolies salles à l'Italienne de Paris. "Tout était monochrome et très poussiéreux. Nous avons redonné de la couleur aux décors floraux des plafonds, exhumé les mosaïques de l'entrée qui avaient été recouvertes de moquette, dépoussiéré les dorures de la salle..." Surtout, les travaux de 1,85 million d'euros ont permis de rénover la ventilation et d'agrandir la fosse d'orchestre, qui peut désormais abriter 30 musiciens.

La façade du théâtre, niché dans une impasse tout près de l'Opéra, et sa magnifique verrière de 1893 ont aussi pris un sacré coup de neuf, grâce au ravalement opéré par le propriétaire Groupama. C'est donc un théâtre refait à neuf qui accueille, à partir du week-end, les spectateurs dans sa salle de 570 places.

Symphonie fantastique et "fantastic party"

Outre la Symphonie fantastique revisitée par Arthur Lavandier pour orchestre de chambre et dirigée par Maxime Pascal, le programme accueille samedi une "fantastic party" avec des concerts, performances et installations, puis dimanche après-midi, un goûter pour les enfants et des animations musicales.

Maxime Pascal (31 ans) est en résidence à l'Athénée où il a déjà donné de nombreuses pièces (Ariadne auf Naxos, Pierrot lunaire, Paroles et musiques de Beckett...) en leur insufflant fantaisie et énergie.

"Les Brigands" et Caubère au menu de la saison

L'Athénée est aussi le repaire des "Brigands", une joyeuse troupe lyrique qui donnera du 16 décembre au 7 janvier l'opéra bouffe "Les Chevaliers de la Table ronde". Et c'est un des havres où le comédien Philippe Caubère jette l'encre. Il donnera ses deux monologues culte "Le Bac 68" et "La Danse du diable" et mettra en scène "L'asticot de Shakespeare", un méli mélo de textes joué par Clémence Massart.

Patrice Martinet, qui a passé une partie de sa carrière à l'étranger, dont dix ans en Italie, a "attrapé" au Piccolo Teatro de Milan son goût des réductions d'œuvres pour de petites formations, comme Le Balcon ou Les Brigands. Il lorgne désormais vers l'étranger. "Il y a des choses merveilleuses en Allemagne, en Angleterre, dont nous ne voyons que très peu de productions", souligne-t-il. Cet amoureux de Beckett avait invité en mars 2015 la comédienne irlandaise Lisa Dwan à jouer en anglais une pièce mythique du grand dramaturge, "Not I". Il compte bien la faire revenir dans une autre production.

Ouverture à la danse

L'Athénée va également s'ouvrir à la danse, en accueillant dans ses prochaines saisons "May B" de Maguy Marin ou encore "Solo" de Philippe Decouflé.

Les travaux se succèdent à un rythme accéléré dans les théâtres parisiens : après l'Athénée et l'Opéra-Comique (qui rouvre en début d'année), le Théâtre de la Ville et le Théâtre du Châtelet ferment respectivement en octobre et fin février pour deux ans d'importants travaux, estimés à plus de 50 millions d'euros au total.